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Le fils du juge Taïfour Diop et Joachim Monteiro vont recouvrer leur liberté dans un an contrairement à leur co-accusé Mass Sakho, qui a été acquitté. Ils comparaissaient pour vol en réunion commis la nuit avec usage de véhicule et effraction. La Chambre criminelle d’appel les a condamnés à 5 ans de travaux forcés.

Abdoul Aziz Diop, Joachim Monteiro et Mass Sakho ont comparu hier devant la Cour d’appel de la Chambre criminelle. Poursuivis pour vol en réunion commis la nuit avec usage de véhicule et effraction pour  les deux premiers nommés et complicité de ce chef pour le troisième, les accusés ont été condamnés en première instance à 10 ans de travaux forcés. Insatisfaits de ce premier verdict, les accusés ont interjeté appel pour contester ladite décision. «Je ne suis pas d’accord avec le jugement», a dit M. Diop. «Il m’a été reproché de détention  d’arme et d’avoir exercé des violences sur la victime. Je ne détenais pas d’armes et je n’ai exercé aucune violence», a expliqué le fils du juge Taïfour Diop. Selon ses déclarations, ils étaient uniquement partis pour soustraire de l’argent au vieux François Mathieu. «Nous sommes partis sans armes. J’étais avec Charles. Il est le seul que je connais, les autres je ne les connais pas. Quand nous sommes arrivés sur les lieux, j’ai défoncé la porte. Nous sommes montés dans la maison et les choses se sont passées autrement», a-t-il poursuivi. Abdoul Aziz, qui a reconnu avoir bu de l’alcool avec ses acolytes, précise qu’il avait seulement parlé du vol à Charles (le 4e accusé qui n’a pas comparu).  A l’en croire, cette affaire est partie d’une causerie qu’il avait eue avec Mass Sakho. Au cours de cette discussion entre jeunes, ils parlaient des conneries qu’ils ont faites dans le passé. C’est ainsi que Mass lui a parlé d’un de ses amis en l’occurrence le fils de la victime François Mathieu, qui vole souvent l’argent à son père qui se trouve dans un coffre-fort pour aller en soirée.  «J’en ai parlé à  Charles pour m’aider parce que le coffre pourrait être lourd. Nous sommes partis faire un tour entre amis. Arrivés aux Maristes nous avons pris un verre. J’ai appelé Mass au téléphone qui m’a dit qu’il était en ville. Charles m’a demandé d’aller  faire ce qu’on s’était dit.  Quand nous sommes rentrés, j’ai pris de l’argent et quand je sortais j’ai entendu des cris. J’ai vu Monteiro avec la victime. C’est en fuyant que j’ai été attaqué par des gardiens qui m’ont aspergé un gaz pour m’arrêter»,  a-t-il expliqué dans les détails.

Monteiro devenu musulman en prison
Son co-accusé Joachim Monteiro prétend qu’il a été embarqué dans une affaire. «Ce jour-là, Alex m’avait parlé d’une soirée dansante. Arrivés à hauteur de la maison, ils m’ont dit qu’Aziz Diop devait prendre de l’argent chez son oncle. Quand j’ai vu Aziz cambrioler la porte, je me suis dit qu’il s’agit d’un vol et j’ai rebroussé chemin», s’est-il défendu en niant avoir participé au vol. Son complice Abdoul Aziz a volé à son secours en déclarant que Monteiro n’était pas au courant de ce qu’ils voulaient faire aux Maristes. Il ne lui en avait pas parlé, reconnait-il en ajoutant qu’il ne détenait pas aussi d’arme pointue comme mentionnée dans le Pv d’enquête. «Je ne comprenais pas wolof. C’est en prison que j’ai appris à parler wolof et le Coran», a-t-il dit pour attester son innocence. A son tour Mass Sakho  nie  aussi son implication dans ce crime commis chez la victime. «C’était une simple discussion que j’avais eue  avec Abdoul Aziz. Ensuite, on a commencé à parler de nos conneries. Je n’ai pas donné de détails. J’ai seulement décrit l’emplacement de la maison. Il n’est nullement question de commettre quoi que ce soit. Le jour des faits, j’étais en soirée. Je connaissais sa famille. On se fréquentait et allait à Saly ensemble. Je lui ai dit que je connaissais le fils de François Mathieu. Il volait de l’argent dans le coffre-fort de son père et on allait en soirée ensemble», s’est-il justifié.
Dans sa plaidoirie, l’avocat général a soutenu que l’accusé a déclaré qu’il avait dit à Abdou Aziz que le coffre avait un code. Selon lui, c’était un vol programmé et qu’ils avaient parlé de butin, mais qu’Aziz ne lui avait pas dit le montant qu’il devait avoir après le coup. Il trouve que les faits étant constants  à l’endroit de tous les accusés et a requis la confirmation. Cepen­dant, il pense qu’on peut discuter de la peine en invoquant le principe de l’individualisation de la peine.
Invités à dire leurs derniers mots Abdoul Aziz a sollicité la clémence, Monteiro  a révélé qu’il s’est converti à l’islam en prison et a demandé pardon. Alors que Mass Sakho a déclaré que cette épreuve lui a permis de mieux connaitre sa religion, la valeur de la famille. Il a promis de mieux choisir ses fréquentations. Ils ont été condamnés à 5 ans de travaux forcés. Soit 5 de moins.
justin@lequotidien.sn

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