A Guédiawaye, la culture est sclérosée et marginalisée. Les vrais acteurs culturels, conscients de cela et prônant une bonne gestion de la culture, ont toujours élevé la voix.
Depuis son arrivée à la tête de la ville de Guédiawaye, nous avons constaté que la culture ne fait pas partie des priorités du maire Aliou Sall. Le réflexe qu’il a eu avant les élections, tout comme ses nombreuses promesses pour faire de Guédiawaye une ville culturelle, ne se sont jamais matérialisés. Certes il a mis en place un bureau chargé de la culture, mais accorde-t-il lui-même une importance à ce bureau ?
Ce bureau, dirigé par un militant de la première heure du parti, s’est plus illustré à répondre aux sollicitations politiques du maire qu’à prendre des initiatives visant à développer la culture.
C’est la énième fois que nous attirons l’attention du maire sur la gestion de la culture dans la ville. Nos nombreux questionnements et interrogations sont toujours restés sans réponse. Nous l’invitons à accorder plus d’importance au secteur de la culture et à respecter davantage les acteurs.
Depuis son arrivée à la tête de la ville, Aliou Sall avait brandi un projet de construction d’une salle de spectacle à l’image du Grand Théâtre. Ce projet, tel une bonne promesse de campagne électorale, n’a jamais vu le jour.
Le samedi 23 juin 2018, le maire Aliou Sall avait convié la presse et certains acteurs culturels à une conférence de presse pour officiellement lancer le festival international de Guédiawaye «Cultures et musiques ethniques» qu’il a initié pour les 6 et 7 octobre 2018. L’année s’est écoulée et il n’y a eu l’ombre d’un festival, encore moins d’informations liées à l’annulation ou au report de cette manifestation. Qu’en est-il du budget qui avait été dégagé pour cet événement ? Aucune réponse.
Difficile de voir aujourd’hui une structure culturelle ou un événement qui se déroule à Guédiawaye bénéficier de son appui ou de celui de la ville. Pendant ce temps, le maire Aliou Sall s’illustre dans des actions d’éclat comme les soutiens apportés à des événements comme «Seen petits gallé» ou l’anniversaire de Viviane au Cices, des millions aux lutteurs, en délaissant ses propres acteurs culturels et artistes qui l’ont porté à la tête de la ville et à qui il demandera encore les suffrages lors des prochaines joutes électorales. Cela démontre un grand manque de reconnaissance à notre endroit.
Le Conseil municipal a inscrit dans le budget de la ville, en 2018, un montant de 16 millions destinés aux activités culturelles. Nous sommes en 2021 et nous sommes sans nouvelle de ces fonds. Nous exigeons que la lumière soit faite sur cette affaire. Que dire de ces subventions de 2017 d’un montant de huit millions cinq cents mille, sortis du Trésor sur du faux ? Ils se sont appuyés sur une association culturelle de la place, qui a proposé un programme culturel fictif, qui n’a jamais vu le jour. Le deal était tout juste décaisser l’argent qui a été restitué aux agents de la mairie qui ont procédé à un partage sans aucun critère, octroyant une bonne partie de cet argent à trois syndicats de la mairie qui n’ont rien à voir avec la culture. Jusqu’à ce jour, la lumière n’est pas faite non plus sur cet argent.
Aujourd’hui, il est question de soulèvement du monde culturel à Guédiawaye pour faire face à la politique hasardeuse du maire Aliou Sall. Il a été noté un manque de considération des acteurs culturels, du favoritisme à l’égard de certains, l’absence de subventions, un bilan culturel médiocre… On ne peut pas parler de ville créative dans une ville où les institutions sont inconscientes de l’action culturelle. Le seul projet/programme de la ville de Guédiawaye en 2019 en matière de culture était la construction d’un lieu de culte. En 2020, rien du tout. Et maintenant nous sommes en 2021 et voilà que le maire entonne cette chanson du «diviser pour mieux régner». Certes le monde culturel à Guédiawaye est divisé, mais ce n’est pas une raison pour le maire de favoriser un groupe au détriment d’un autre. En véritable autorité, Aliou Sall se devait d’avoir une démarche inclusive en conviant les acteurs culturels de tous bords s’il était animé par la volonté de bien faire. Mais là, il nous montre qu’il foule aux pieds la culture. Nous condamnons ce genre de pratiques et marquons notre opposition à la politique du maire Aliou Sall.

Monsieur le maire, soyez plus indulgent envers les gens qui vous critiquent objectivement
D’aucuns disent que les acteurs culturels ne peuvent pas cheminer ensemble. Normalement, seuls ceux qui se ressemblent s’assemblent. Nous évitons de faire des alliances contre nature comme en politique.
Monsieur le maire, privilégiez le «pencoo» à la place du «paccoo» ! Guédiawaye est une ville dépourvue de ressources, tout le monde le sait. Mais cela ne peut en aucun cas être une excuse, car l’attention que vous portez aux autres secteurs, vous pouvez aussi la porter à la culture. Monsieur le maire, nous pensons qu’un acteur culturel averti n’a pas besoin des subventions qu’on distribue comme des petits pains pour travailler. La culture a besoin de grands financements, comme cela se passe dans les grands pays. Il est possible de mettre en place un fonds pour la culture qui peut être alimenté par une politique menée auprès des entreprises à travers les Rse. Injecter une partie des fonds de dotation dans le financement de la culture. Accom­pagner sur le plan institutionnel les manifestations de grande envergure.

Développer le réseau, la coopération internationale et les relations
Les acteurs culturels de Guédiawaye sont disposés à collaborer avec l’institution municipale pour le développement de la culture, mais sont également prêts à faire face si cette dernière persiste dans sa politique incohérente et hasardeuse en matière de culture. Néanmoins, nous continuons le combat. Après deux conférences de presse au siège de la Confédération syndicale autonome (Csa) et au foyer de Wakhinane à Guédiawaye il y a deux ans, nous avions organisé un sit-in le mardi 22 janvier à 12h en face de l’Hôtel de ville de Guédiawaye, ainsi que le mardi 13 octobre 2020, pour dénoncer cette politique abracadabrante et cette gestion chaotique du maire Aliou Sall à l’endroit de la culture. Sur ce, une plainte a même été déposée le 15 octobre 2020 à l’Ofnac pour mauvaise gestion en matière de culture.
Monsieur le maire, faut-il vous rappeler que tous les appels du pied que nous avons fait pour vous rencontrer sont restés lettre morte. Pour une bonne politique culturelle de la ville, il serait judicieux de constituer une équipe d’experts en faisant abstraction de toute considération politique et partisane. Il est impossible de penser à une industrie de la culture à travers le tâtonnement. L’industrie ou l’économie de la culture passe forcément par une politique culturelle rigoureuse.
Les lendemains qui chantent promis à la population de Guédiawaye se sont transformés en hululements du côté des artistes et acteurs culturels. Voilà, de manière concise, le bilan de votre mandat sur le plan culturel. Nous ne pouvons que constater l’échec total d’une politique culturelle hasardeuse et incohérente.
Papa Meissa GUEYE
Entrepreneur Culturel