Dr Alpha Sall sur le pass sanitaire : «Plus tôt on le fera, mieux ce sera»
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Depuis quelques jours, le Président Sall prépare l’opinion à l’introduction du «pass sanitaire» dans la stratégie de lutte contre la pandémie. Car l’Afrique, bien que résiliente face au Covid-19, n’est pas sortie d’affaire. D’après l’administrateur de l’Institut Pasteur de Dakar, «il ne faut pas exclure qu’on ait une situation avec d’autres vagues». Pour le patron de Cdc Afrique, c’est juste «une question de temps».Par Malick GAYE –
Dr Alpha Sall, administrateur de l’Institut Pasteur de Dakar, est un homme pragmatique. Interpellé sur la volonté du chef de l’Etat d’instaurer un pass sanitaire, l’administrateur de l’Institut Pasteur de Dakar applaudit des deux mains. «Une des leçons importantes qu’on doit apprendre du Covid-19 est de voir en termes de bonnes pratiques ; ce qui a été fait dans les autres pays doit être intégré et contextualisé. Le «pass sanitaire» va avoir un impact important. C’est une bonne opportunité que va offrir le gouvernement d’améliorer notre processus de lutte. Il accompagne, de façon naturelle, la vaccination et c’est un outil supplémentaire dans la lutte. Plutôt on l’amène et mieux ce sera.»
«La 4ème vague ? C’est une question de temps»
L’introduction d’un passeport vaccinal dans les lieux publics permettra davantage de confiner le virus, surtout que les gestes barrières ne sont plus observés. Même si l’Afrique est le continent le moins impacté par la pandémie de Covid-19, par rapport au reste du monde. Pour autant, il ne doit pas dormir sur ses lauriers en pensant que le plus dur a été déjà fait. D’après l’administrateur de l’Institut Pasteur de Dakar, Dr Amadou Sall, «il ne faut pas exclure qu’on ait une situation avec d’autres vagues» et ce, bien qu’ «un certain nombre de progrès» soit réalisé dans la lutte contre le Covid-19. Plus incisif, le patron du Cdc Afrique, l’entité que l’Union africaine a mise en place pour lutter contre les maladies, affirme sans équivoque : «C’est une question de temps.» Dr John Nkengasong de préciser : «On n’est pas à l’abri d’une 4ème et d’une 5ème vagues. Il ne faut rien exclure.» Il pointe du doigt le faible taux de vaccination en Afrique. «Les pays africains sont en retard sur la vaccination. Nous avons un taux de 5,5% de la population du continent vaccinés (…) Inutile d’arriver à un stade où on va forcer les gens à se vacciner. Chacun doit prendre ses responsabilités», a-t-il déclaré. Moins pessimiste, le Dr Amadou Sall pense plutôt qu’il ne faut pas verser dans le «catastrophisme» car «il ne faut exclure aucune possibilité, aucun scénario. Si nous avions un taux de vaccination plus élevé, nous serions plus rassurés. Le fait qu’il y ait un peu d’hésitation doit être pris dans les scénarios futurs. Nous ne pouvons pas exclure qu’il y ait un variant qui change la donne (…) Il ne faut pas exclure qu’on ait une situation avec d’autres vagues. Il y a un certain nombre de progrès réalisés et, si cette situation se présentait, nous serions dans une position de réagir correctement, donc il ne faut pas faire dans du catastrophisme. La population doit se mobiliser pour se vacciner et respecter les mesures barrières».
mgaye@lequotidien.sn