Si la Cnts reste majoritaire, son avance ne cesse de baisser d’élection en élection. Alors que la Cnts/Fc, classée troisième lors de ces élections de représentativité des centrales syndicales, a fait un bond de plus 5%, contrairement à la Cnts qui a perdu, entre 2017 et 2023, plus de 12,9% de ses suffrages. Par Justin GOMIS –

En 2017, il y avait 4 centrales syndicales représentatives. En 2023, elles devraient être 5 à avoir franchi le seuil minimum de 10% à la suite des élections de représentativité pour lesquelles 12 centrales s’étaient engagées. Il s’agit de la Cnts, l’Unsas, la Cnts/Fc, la Csa. Selon Mballo Dia Thiam, la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts/B) qu’il dirige en fait aussi partie.

Avec la tenue de ce scrutin, la Cnts, qui s’était retrouvée une fois de plus dans le viseur des autres qui veulent la détrôner, reste majoritaire chez les travailleurs. Elle s’est classée première pour la troisième fois de suite. Elle a donc résisté, selon les tendances globales provisoires, au vent du changement et reste la première institution du pays.

Par contre, cette hégémonie s’étiole au fil des élections. Alors que la Cnts/Fc continue sa montée en puissance. D’après les données, elle a fait un bond de 5,3% entre 2017 et 2023. Entre 2011, 2017 et 2023, elle est passée de 7,43 à 10,24 pour atteindre 15,62% des suffrages. Alors que la Cnts ne cesse de perdre de l’électorat. De 39,6% en 2011, elle a chuté à 36,5% en 2017 puis à 23,6% en 2023. Soit une baisse de ses voix de plus 12,9%. Pour l’Unsas, le rêve de supplanter la Cnts ne s’est pas accompli, même si Mademba Sock a amélioré ses performances cette année. Elle a eu un bond de 1,5% entre 2017 et 2023 en passant de 19,94% à 21,5% pour se classer deuxième. Juste devant la Cnts/Fc dont le leader, qui est toujours sur le terrain, doit afficher un large sourire. Or, l’Unsas avait obtenu 22,42% en 2011. Pour la Csa, c’est un recul de 0,49% entre les deux scrutins. Devenue la 4ème centrale, elle est créditée de 11,27% des suffrages cette année contre 11,77% en 2017 et 14,12% en 2011.

Au-delà du statut de devenir un interlocuteur de l’Etat dans le cadre du dialogue social, il y a l’enjeu financer avec la subvention annuelle de 600 millions accordée aux structures majoritaires. Ce qui aiguise des appétits et ambitions.
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