Migration clandestine : Plus de 40 morts et 80 disparus au large de la Mauritanie

Partie de la Gambie, une pirogue remplie de plus de 130 Sénégalais et Gambiens a fait naufrage dans la nuit du mercredi à jeudi au nord du Port de Tanit, en Mauritanie. Au moins 40 morts et 80 disparus après un naufrage au large de la Mauritanie.
C’est un naufrage ! Une pirogue partie de la Gambie, avec à son bord plus de 130 personnes, a fait naufrage ce mercredi, à environ 20 km au nord du Port de Tanit, sur la côte mauritanienne. Selon les informations recueillies, seuls 17 rescapés ont pu être secourus par les garde-côtes mauritaniens. Les premières estimations font état de plus de 100 disparus, probablement morts noyés, d’après une source proche du dossier qui a requis l’anonymat. Le Quotidien a pu confirmer cette info auprès de la représentation consulaire du Sénégal à Nouadhibou. Au petit matin de ce jeudi, des corps continuaient à être rejetés par la mer sous le regard des populations abasourdies par ce spectacle.
La pirogue, partie de Gambie, avait à son bord plus de 130 personnes d’origines sénégalaise et gambienne. Il y a au moins 40 morts, selon le dernier bilan communiqué à InfoMigrants. Celui-ci pourrait encore s’alourdir, car quelque 80 personnes sont encore portés disparues.
Route meurtrière
Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens. Les candidats au départ, depuis les côtes sénégalaises, mauritaniennes ou gambiennes, fuient la pauvreté, le chômage ou l’absence de perspectives. Ils embarquent clandestinement, moyennant finances, sur des pirogues ou des embarcations précaires, complètement inadaptées à de telles traversées.
Il faut plusieurs jours de navigation pour parcourir les 1500 km jusqu’aux Canaries dans des conditions décrites comme terribles par les survivants, à la merci de la faim et de la soif, du soleil…
Après un record en 2024, le nombre d’arrivées a fortement chuté depuis le début de l’année. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 11 883 exilés sont arrivés aux Canaries par cayucos -les pirogues utilisées pour faire la traversée-, contre 22 304 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 46, 7%.
Cette route est aussi l’une des plus meurtrières. Plus de 10 400 migrants sont morts ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne en 2024, selon l’Ong Caminando Fronteras. Un chiffre sous-estimé car de nombreuses embarcations perdues en mer ne sont jamais retrouvées. Au cours des cinq premiers mois de 2025, un total de 1482 décès a été comptabilisé par l’Ong sur cette route.
De tels naufrages ont déjà eu lieu au large des côtes africaines. En mars 2025, au moins 70 personnes sont décédées après avoir fait naufrage sur la route des Canaries. Partis de la Mauritanie, les exilés avaient dérivé dans l’océan pendant plusieurs jours.
Quelques mois plus tôt, en janvier 2025, ce sont 50 migrants qui se sont noyés après le naufrage de leur embarcation en direction des îles Canaries, avait rapporté l’Ong Caminando Fronteras.