Le murmure du Premier ministre dans le vacarme de la misère

Les députés qui ont boycotté la cérémonie de dédicace ont-ils raté grand-chose ? Leur participation ne leur aurait valu que du dédain à endurer et beaucoup de nuisances sonores. A vrai dire, leur présence n’aurait changé que dalle à l’amplification régulière des infirmités de la République. L’imbroglio sur le propriétaire du fameux compte où logent 1000 milliards donne le ton d’une forfanterie beaucoup plus qu’un simple rendez-vous qui témoigne de la vitalité démocratique. Allons voir.
Déni de la crise institutionnelle, le Premier ministre fait croire que son travail n’est en rien impacté par ses rapports personnels avec le chef de l’Etat. Ses congés improvisés et ses absences aux conseils des ministres ne rassurent pourtant pas du tout. Par ailleurs, pourquoi laisse-t-il donc ou permet-il tacitement qu’on s’en prenne ouvertement au président de la République?
La «Refondation patriotique» est désormais l’objectif pour le mandat en cours. C’est un vrai scoop. Il n’est plus question de prospérité et de hausse prompte du niveau de vie des Sénégalais.
La dette cachée a été rebaptisée dette tout court. L’argent n’aime pas le bruit. Qu’est-ce qu’on attend pour mettre au gnouf le ministre de l’Economie et celui des Finances. Le 8 novembre, pas avant ni après, le patron de Pastef avait émis la fatwa selon laquelle quiconque remettait en cause la cachetée dette cachée irait à «ndoungoussine».
De la diplomatie du bon voisinage à la coopérative «les copains d’abord». La complicité avec Domingos Simoes Pereira a pris le dessus sur les intérêts de la Nation. Embaló ne devrait pas se sentir en sécurité dans un pays où le Pm lui impute des faits de combines. Pauvre Diomaye ! L’éclatant sourire de Abdourahmane Diouf, lorsque le Pm a fait allusion aux accusations à son encontre, n’est-il pas synonyme de mépris ? Au moins, en lieu et place d’accusations de détournement, il n’est, à présent, que question de contrôle et de vérification. Ô si seulement il y avait une formule chimique pour «vin plus eau». Mixtion ou amalgame ? Rêve ou réalité ?
Les étudiants et les marchands ambulants sont merveilleusement enchâssés dans le porte-monnaie tamponné «jeunes de Sonko et Pastef Inc.». On ne sait pas ni pourquoi ni comment se fait-il, mais c’est ça qui est ça. Il existe une clause de sauvegarde : trottoirs, pas touche !
La délivrance du certificat d’Assemblée de rupture est un chef-d’œuvre primatial. En rire ou en pleurer, cela dépend prodigieusement du contexte. Avant le 8 novembre ou pendant, aucun des deux ne s’applique. Après, oui. Puisque c’est devenu catharsis générale. En wolof approximatif, on appelle ça du «dieufourou national». C’est le Premier ministre qui l’a décrété.
«Le temps de la Justice n’est pas le temps des hommes», a dit Ousmane Sonko. Cette fois-ci, c’est qu’il a bien voulu dire.
«Je travaille pour le Sénégal, et non pour le Président Bassirou Diomaye», affirme Ousmane Sonko. Il faudra tout de même expliquer plus en détail comment un Premier ministre peut travailler sous l’autorité du président de la République sans avoir besoin de sa validation. Travailler pour le pays, et non pour le président de la République, sonne charmant. Cependant, cette assertion ne résiste pas au choix incontournable du dernier quant à celui ou celle qui lui convient comme devant coordonner l’action gouvernementale.
Birame Waltako NDIAYE

