Elle est sous le feu des critiques de certains de ses camarades qui réclament son départ de la Cojer, au point de lancer «Cojer/ Nouvelle dynamique». Mais Thérèse Faye Diouf se veut claire d’emblée : «Je ne parlerai pas de ça. Et ce n’est pas la peine d’insister.» D’ailleurs cette année, annonce-t-elle, il y aura une Conférence nationale à la place de l’Université républicaine. Pour elle, il y a des questions «plus importantes» comme la pénurie d’eau. Sur cette question, elle estime que le régime doit présenter ses excuses au Peuple. Dans cet entretien, la coordonnatrice des jeunes de l’Apr évoque le parrainage, la Présidentielle, les cas Karim Wade et Khalifa Sall…

Quelle sera la contribution de la Cojer dans la collecte des parrains ?
Naturellement, le rôle de la Cojer sera déterminant dans ce parrainage parce que nous sommes le fer de lance du parti. Et c’est dans cette optique que nous avons tenu des réunions avec l’ensemble de nos coordinations départementales, mais aussi avec le Premier ministre Aminata Touré qui est la présidente du Pôle parrainage et mobilisation. Nous avons donc dégagé des axes et des orientations qui seront appliqués dans tous les départements. Et actuellement, ces coordinations sont en train de tenir des Assemblées générales d’information au profit des camarades. Après le parrainage, nous allons vers une activité phare. En effet, cette année, à la place de l’Université républicaine, le Président a demandé à toutes les structures d’organiser une Conférence nationale dans une région autre que Dakar. Ce sera donc des moments de communion avec l’ensemble des jeunes du parti. Des instructions ont été également données pour le congrès d’investiture de notre candidat prévu le 1er décembre. Ce pôle Organisation du congrès est dirigé par le ministre d’Etat Mbaye Ndiaye, directeur des Structures du parti. Donc, nous allons vers des moments décisifs pour la vie de notre parti et pour préparer l’élection présidentielle.

Des moments décisifs pour Macky Sall aussi, non ?
Si c’est décisif pour Macky, c’est aussi décisif pour nous tous parce que nous partageons un idéal et nous sommes derrière lui. Donc, forcément son bonheur, c’est aussi le nôtre.

C’est entre Macky Sall et vous, mais aussi entre lui et le Peuple ?
Oui, mais c’est entre Macky Sall et ses soutiens d’abord. Et il s’agira de le réélire pour qu’il puisse continuer à satisfaire les Sénégalais.

Des Sénégalais qui souffrent quand même avec la pénurie d’eau dans certains quartiers de la capitale…
Je ne vais pas nier cette pénurie d’eau parce que, personnellement, je vis cette situation. Mais j’avoue que depuis quelques jours, la situation s’est très bien améliorée…

Même si le Premier ministre avait annoncé la date du 20 juillet pour la fin de la pénurie…
Mais depuis le 20 juillet, si vous observez bien, il y a une nette amélioration. Et je pense qu’aujourd’hui on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. Le ministère de l’Hydraulique a donné des explications très claires dans ce sens. Il faut aussi admettre que la population de Dakar a évolué de façon exponentielle. Donc, si le gouvernement prend des mesures pour anticiper sur les futurs problèmes de distribution de l’eau, tout le monde doit comprendre que c’est pour éviter que les problèmes se reproduisent.

Est-ce à dire que les régimes précédents n’ont pas su anticiper sur la question ?
Je pense que si les régimes précédents avaient pris les dispositions nécessaires, nous n’en serions pas là. Et si le gouvernement a pensé mettre en place Kms 3, c’est pour résoudre ce problème de façon durable.

Cette pénurie ne comptera pas dans le bilan de Macky Sall comme les fameux délestages sous Wade ?
C’est très difficile de l’expliquer aux Sénégalais parce que ce qu’ils retiennent, c’est qu’il n’y a pas d’eau. Il appartient alors à nous et aux agents du ministère de l’Hydraulique de donner aux Sénégalais les raisons de cette situation.

Voulez-vous dire qu’il y a un problème de communication du gouvernement sur cette question ?
Je veux dire que si on n’explique pas assez, les gens vont se dire que c’est une question qui ne date pas de longtemps. Heureusement, le gouvernement est en train de prendre des mesures pour régler définitivement la question de l’eau à Dakar, mais on ne peut pas faire fi des efforts énormes qui ont été consentis par le gouvernement. Par exemple, il y a 3 forages à Bayakh et d’autres dans des quartiers de la capitale pour améliorer la situation. De façon générale, nous devons d’abord tous présenter nos excuses au Peuple sénégalais.

Quand vous dites «nous», c’est qui ?
Nous, c’est le régime actuel. Les autres aussi devraient le faire.

Et «les autres», c’est qui ?
Les autres, ce sont les régimes précédents, le régime libéral en l’occurrence. Cependant, aujourd’hui, ce sont les Sénégalais de tous bords qui en souffrent. Encore une fois, il y a des efforts dans les autres régions. Il y a l’exemple les îles du Saloum qui n’avaient pas d’eau potable. Et le gouvernement a ravitaillé aussi l’axe Notto-Ndiosmone-Palmarin avec l’eau du Lac de Guiers. Rien que dans la commune de Ndiarère, la mienne, il y a même deux villages qui ont profité de ces branchements. Maintenant, ce n’est pas parce qu’il y a un problème à Dakar aujourd’hui qu’on veuille oublier les bienfaits du régime sur la question de l’eau dans les autres régions. Demandez aux populations de ces îles le calvaire qu’ils ont vécu pendant longtemps.

C’est quand même une tension sociale, parce qu’il y a des manifestations aux Parcelles Assainies, à Yoff, à laquelle s’ajoute une tension politique avec les manifestations de l’opposition sur les affaires Khalifa et Karim. N’est-ce pas un cocktail pour le régime ?
Ce que je peux dire, c’est que le Président Macky Sall essaie de faire tout pour satisfaire les populations sur tous les plans. Cette question de l’eau ne va pas perdurer et sera réglée définitivement. Parce que si on ne le règle pas dès maintenant, d’ici 10 ans, nous allons vivre une situation plus difficile.

Et la tension politique, qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je ne vois pas de tension politique. Aujourd’hui, le jeu politique est organisé. L’opposition organise ses marches et déroule ses activités de la façon la plus normale. Il n’y a quand même pas de répression.

Il y en avait il y a quelques semaines, le 19 avril par exemple…
Non. Le week-end dernier par exemple, on a vu un nouveau candidat organiser son activité au Grand Théâtre. Et cela prouve une fois de plus que l’expression de la démocratie est une réalité.
Ça c’est tout à fait normal, vous parlez de Hadjibou Soumaré ?
Je parle de Hadjibou Soumaré bien sûr. Maintenant, que ce soit dans l’affaire Khalifa Sall ou dans celle de Karim Wade, la justice s’est prononcée. Et donc, je ne commente pas les décisions de justice.

C’est l’inscription de Karim Wade qui a été rejetée…
Son inscription a été rejetée et c’est valable pour d’autres Sénégalais qui sont tombés sous le coup de la loi. Le ministre de l’Intérieur l’a dit, il y a plus de 5 000 Sénégalais qui sont dans ce cas-là. Donc, pourquoi à chaque fois on veut singulariser Karim Wade parmi tant d’autres ?

Parce que c’est un candidat, un adversaire potentiel de Macky Sall… 
Avant d’être candidat, je pense qu’il faut penser à rendre nos milliards, c’est le minimum.

Sauf que la justice n’a pas prononcé la perte de ses droits civiques et politiques…
Quand Karim Wade s’inscrivait, il savait pertinemment qu’il ne pouvait pas avoir de carte d’électeur parce que tout simplement le Code électoral est très clair sur cette question. Maintenant, s’il le fait, c’était juste une façon de faire du bruit.

Pour Khalifa Sall aussi, certains pensent qu’on veut faire la même chose avec lui…
Je tiens à préciser que le Président Macky Sall n’a pas de problème avec Khalifa Sall. Il a été épinglé pour une question de gestion. La justice est en train de faire son travail et le droit sera dit.

On parle de deux poids deux mesures parce que des res­pon­sables du régime actuel ont été épinglés par des rapports et n’ont pas été poursuivis…
Le temps de la justice n’est pas celui du citoyen simple ni celui des politiques encore moins des économistes. La preuve, c’est que Karim Wade a été jugé quelques années plus tard. Donc, aujourd’hui, s’il y a des personnalités du régime actuel également qui ont eu à fauter quelque part, attendons le temps de la justice.

Le dossier du Prodac par exemple, on en parle aujourd’hui…
Je préfère ne pas parler du Prodac.

(Rires). Parce que c’est Mame Mbaye Niang ?
(Silence).

Pour la Présidentielle, certains disent que le bilan de votre candidat n’est pas aussi reluisant que ça…
Il faut être subjectif pour dire que le bilan de Macky Sall n’est pas bon. Je suis quand même un acteur politique qui a eu l’opportunité de faire beaucoup de départements et de communes du pays. Le Président Macky Sall a beaucoup fait dans les infrastructures routières, l’électrification rurale, les pistes, les autoroutes. Il y a aussi l’aéroport Blaise Diagne. Dans le social, il a mis en place la Couverture maladie universelle, les Bourses familiales. Globalement, le niveau d’exécution des engagements du président de la République, région par région, dépasse plus de 70%. Ce sont des Sénégalais qui sont bénéficiaires de toutes ces réalisations du gouvernement. Le Président Macky Sall a mis en place le Plan Sénégal émergent, notre référentiel en matière de politique publique qui insiste beaucoup sur les questions sociales, d’éducation ou de capital humain. De plus, le gouvernement a maintenu les prix des denrées de première nécessité. Depuis que Macky Sall est au pouvoir, les salariés ont vu leur salaire connaître une hausse avec la baisse de l’impôt sur le revenu. Il faut qu’on en parle. Maintenant, si on veut se focaliser sur l’opposition, c’est sûr qu’on ne va pas entendre les bons points du président de la République.

L’Apr ne craint-elle pas des adversaires comme Idrissa Seck ou Malick Gakou, Hadjibou Soumaré, entre autres, en l’absence éventuellement de Khalifa Sall et Karim Wade ?
On ne peut pas les craindre. Je laisse aux journalistes faire le point sur les pourcentages de Idrissa Seck depuis qu’il a quitté Wade à maintenant. Cet homme aujourd’hui ne contrôle plus le département de Thiès. Pour Hadjibou Soumaré, lui, je doute fort qu’il soit connu à Fongolimby, à Kédougou, à Ndiarère là où j’habite et dans d’autres villes du pays. Et il ne peut se faire connaître à 6 mois de la Présidentielle. Attentons d’ailleurs qu’il réunisse le nombre de signatures requis.

Le discours du camp présidentiel est de réélire le Président dès le premier tour. Finalement, le second tour n’est-il pas une crainte ?
Ce n’est pas une question de crainte. Aujourd’hui, compte tenu de tout ce que le président de la République a fait pour le pays, nous ne pensons pas à un second tour. Nous voulons le premier tour et nous sommes en train de travailler à cela.

Ce sera compliqué parce que Benno bokk yaakaar n’a pas eu 50% lors des dernières Législatives…
Vous pensez que depuis les Législatives nous sommes en train de dormir. Nous sommes en train de corriger les failles constatées dans certaines localités.

Dans quelles localités avez-vous constaté ces failles ?
A Dakar par exemple…

Mais à Dakar, il y avait un Khalifa Sall qui était assez puissant…
Mais Dakar, ce n’est pas uniquement l’affaire des Dakarois, c’est notre affaire à nous tous. Je pense que nous devons nous tous redoubler nos efforts pour appuyer les responsables de Dakar et de Pikine. Nous devons aussi faire les mêmes efforts dans le département de Mbacké. Ce sont ces 3 départements qui nous ont posé problème lors des Législatives. Le département de Thiès, fief de Idrissa Seck, on l’a gagné.

Mais il a gagné la commune…
En termes d’élection législative, on raisonne en termes de département. La commune est incluse dans le département. Nous sommes à 6 mois de la Présidentielle, c’est pourquoi nous demandons à tous les camarades du parti, jeunes, femmes, enseignants, cadres et sages de redoubler d’efforts un peu partout dans les communes, les quartiers, les villages. Je leur demande d’avoir cette proximité avec le Peuple pour qu’on puisse gagner cette élection dès le premier tour, car nous n’avons pas un problème de bilan. La réélection du Président Macky Sall impactera toutes les autres élections qui vont se suivre au sein du parti.