A quel jeu s’adonnent certains intellectuels et cadres sénégalais ?

Un constat amer
L’entreprise est tellement saugrenue, vicieuse et dangereuse pour la paix, la stabilité et la cohésion nationale, pour laisser indifférent tout compatriote vigilant et attaché aux valeurs républicaines. Depuis un certain temps, l’on note une campagne consciente ou inconsciente d’intoxication internationale, de dénigrement de notre pays à travers pétition, déclaration et autres formes, initiées et signées par des compatriotes d’ici et de la diaspora et qui, pour se donner un peu de crédibilité et à leurs thèses de «recul démocratique» ou de «négation de l’Etat de Droit», cherchent des béquilles partout, cooptent des personnalités au plan interne et africain qu’ils ont flouées et instrumentalisées, et bâillonné malheureusement l’intégrité morale et intellectuelle de ces dernières.
L’incongruité dans la démarche ? Comment peut-on, au moment où son pays traverse une crise inédite de son histoire avec des traumatismes humains, sociaux, moraux, institutionnels dont les causes sont bien connues et déclarées urbi et orbi par des auteurs illuminés préconisant une révolution violente dans une République, piétinant des institutions, attaquant des garnisons de Force de défense et de sécurité, des préfectures, pillant, brûlant, saccageant tout sur leur passage, préparant et lançant des cocktails Molotov dans des domiciles, sur des voitures militaires et de transport public, manquer de courage, de patriotisme pour condamner d’abord fermement de tels comportements et agissements que rien ne peut justifier, aux antipodes de l’Etat de Droit pour aller raconter des calembours et des balivernes contre son pays, et sous d’autres cieux. Non, de quel autre meilleur Etat de Droit, de quelle meilleure démocratie devrait-on se prévaloir après de telles forfaitures, pour mériter de continuer à humer l’air de la liberté ? Dans quel pays au monde, dans quelle démocratie trouve-t-on autant «d’avocats du diable» qu’au Sénégal ? Dans quel pays au monde, puisqu’on se dit «droit-de-l’hommiste», l’on se permet d’ignorer les faits ou de les travestir (la question des prisonniers politiques) ou de s’afficher avec l’opposition politique en tout temps et en tout lieu, l’on s’autorise des menaces ou des ultimatums à l’encontre d’un Etat et de son chef, sans coup férir ? Et l’on affuble, nous tympanise sur des vues de l’esprit.
Alors, si c’est réprimer des actes supposés délictueux car attentatoires à l’ordre public et à la sécurité des personnes et des biens et barrer la route aux porteurs de projets funestes qui constituent le déni de l’Etat de Droit et le recul démocratique, basta cet Etat de Droit. Basta cette démocratie !
Cependant, il se pourrait que pour des compatriotes qui se sont accommodés pendant plus d’une décennie sans broncher d’une ère «d’une seule constante», se méprennent du sens de l’Etat de Droit et souhaitent vivement l’avènement d’une forme de gouvernance plus achevée, puisque plus totalitaire qu’est la pensée unique, comme l’avant-goût nous en a été donné par le fameux projet qui mobilise la plupart d’entre eux. Le travestissement des concepts, des rôles et valeurs est devenu au Sénégal une endémie politique au point que des monstres et des monstruosités définissent le format de l’agenda politique dans ce pays. Il nous faut nous ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.
Qui sont-ils ces intellectuels et cadres ?
Dans une tour d’ivoire, imbus de leurs titres ou qualifications, la plupart sont assis sur des conjectures élaborées autour de plans de carrière sociopolitique, personnels et égoïstes, et déterminent leurs positionnements par rapport à la gestion de la cité dans leurs pays, psycho-dépendants qu’ils sont du lucre et de certains privilèges et train de vie acquis au cours de leur trajectoire, à partir des lambris des salons et cafés, loin de la réalité et des préoccupations de leur Peuple, ils s’estiment incontournables et s’imaginent difficilement ne pas compter dans tout processus. Ainsi, plus elle dure l’attente angoissée, plus l’adversité, voire la haine sont envahissantes ; le nihilisme s’installe. Alors, certains s’essaient à un activisme débridé à tout bout de champ, d’autres s’exilent. Ainsi, les transfuges sont obligés de sortir de leurs repères, cherchent des repaires au prix d’une aliénation inadmissible pour des patriotes, certains vendent leur âme au diable, d’autres vilipendent leur pays qui leur a tout donné et grâce auquel ils se vendent à l’extérieur comme consultant ou grand expert alors qu’ils sont coupés de leurs terroirs et des évolutions de ceux-ci, depuis des décennies.
L’Etat doit rester plus ferme, quitte à mettre le grappin sur tous ceux qui jouent avec notre souveraineté ou qui arborent un double visage à la fois de «sapeur-pompier» au niveau national et pyromane attitré à l’extérieur, quitte à revoir les cahiers des charges de beaucoup de machins qui grouillent au sein des populations. L’intérêt supérieur est au-dessus de l’intérêt des personnes ou groupes. La démocratie n’exclut pas, contrôle et évalue, elle ne saurait signifier licence à tout. L’Etat de Droit repose sur le respect scrupuleux par tous (citoyens et Etat) de la loi, mais quand il y a conflit entre lois et règlements ou entre institutions, la voie royale et de la sagesse reste l’arbitrage, il ne peut et ne doit y avoir péril en la demeure pour des citoyens matures, doués d’intelligence et attachés à leur patrie
W. Coura Ndiaye,
cadre de Benno bokk yaakaar
1 Comments
Toute personne intègre et Lucide pense la même chose que vous. On en a marre de ces opportuniste politiques , de cet pseudo société civile, qui représente personne.