Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, a réagi par rapport à la disparition de 300 jeunes Sénégalais aux larges de l’Atlantique, en pointant du doigt les «limites» d’une politique publique mise en place par les gouvernants comme «la principale cause» d’un tel phénomène. Le patron des «Patriotes» l’a fait savoir à travers un post sur sa page Facebook.Par Amadou MBODJI –

La disparition d’une embarcation, qui avait à bord 300 jeunes, aux larges de  l’Atlantique, en quête d’un avenir meilleur, a fait réagir Ousmane Sonko, leader du parti Pastel. Il s’est exprimé hier sur la question en rejetant la «responsabilité sur les politiques publiques mises en place» par les gouvernants actuels. «Environ 300 jeunes auraient disparu dans les méandres de l’Atlantique. Une fois de plus, en quête d’un ailleurs hypothétiquement meilleur. Douze longues années plus tard…, le même phénomène macabre et désolant continue de décimer nos jeunes et d’endeuiller durement les familles», a rappelé Ousmane Sonko sur sa page Facebook.

«Ce phénomène»,  selon lui «montre encore une fois l’échec politique de Macky Sall». «Ces drames à répétition traduisent l’échec des politiques publiques du régime du Président Macky Sall, ses erreurs de priorités, faites de gros investissements infrastructurels sans impact majeur ni sur l’économie réelle (agriculture, pêche, élevage, commerce…) ni sur le tissu social, et au prix d’un lourd endettement», mentionne-t-il. Convaincu que le «chômage et paupérisation, notamment, sont des fléaux qui accompagnent le quotidien des Sénégalais», Ousmane Sonko d’admettre que «ces deux fléaux reflètent également l’instabilité politique dans laquelle ce régime aura plongé ce pays, avec son lot de violences d’Etat, de tortures et d’emprisonnements politiques».  «Ces circonstances augurent enfin de lendemains incontrôlables, aussi bien en termes de stabilité intérieure que d’explosion du flux migratoire, si le Président Macky Sall persiste dans sa volonté suicidaire de sélectionner les candidats à sa succession à la tête du Sénégal puis d’imposer la personne de son choix au Peuple par un scrutin biaisé», croit savoir M. Sonko. Et le leader du parti Pastef de réitérer son appel à la jeunesse, qui fonde un espoir de le voir diriger le Sénégal en 2024, malgré les risques qu’encourt sa candidature d’être «compromise» en vue de la prochaine Présidentielle après sa  condamnation  à deux ans prison ferme pour corruption de la jeunesse dans l’affaire politico-judiciaire l’opposant à l’ex-masseuse Adji Sarr.

«Aux jeunes de mon pays, je réitère mon appel : vous ne pouvez avoir un meilleur avenir qu’ici, chez nous ! Ne fuyez pas votre destin, restez et menons ensemble le seul combat qui vaille : la construction souveraine de notre développement économique et social !», a dit M. Sonko, qui a tenu à se solidariser avec les familles des victimes. «Mes prières accompagnent les personnes disparues, afin qu’elles soient retrouvées saines et sauves. Je témoigne à toutes les familles affectées par cette tragédie ma profonde solidarité dans cette épreuve qu’elles vivent sans doute avec une profonde inquiétude mais également avec dignité et foi», souhaite le leader du parti Pastef
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Le Maese dément
Le Ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur (Maese) dément l’information selon laquelle 300 jeunes candidats à l’émigration sont portés disparus. Dans un communiqué, le ministère indique qu’à la suite de vérifications faites, «ces informations sont dénuées de tout fondement». Le Maese tient aussi à préciser qu’«entre le 28 juin et le 9 juillet 2023, 260 Sénégalais en détresse ont été secourus dans les eaux territoriales marocaines». «Le Consulat général du Sénégal à Dakhla, en relation avec les autorités marocaines compétentes, ont pris les dispositions nécessaires pour leur prise en charge et leur rapatriement dans les délais», conclut le document.