Affaire des ex-détenus et victimes de 2021-2024 : UNE PATATE CHAUDE POUR PASTEF

Gagnés par l’impatience, certains ex-détenus et victimes des évènements de 2021-2024 sont exaspérés par les lenteurs dans le traitement de leurs dossiers judiciaires. L’acte d’hier est une suite logique des derniers évènements. Par Abdou Latif MANSARAY –
Ça devait être une rencontre conviviale, cela a fini en queue de poisson et en étalage public des désaccords. Initié par Diop Taïf et Pape Ousmane Seck, figures de la lutte pour le respect des ex-détenus et victimes des évènements de 2021-2024, le point de presse devait déboucher sur les modalités de l’organisation d’une marche pour réclamer «justice pour les martyrs». C’était hier aux Parcelles Assainies. Il a été brusquement interrompu à la suite d’échauffourées entre militants de Pastef et victimes de 2021-2024, montrant qu’ils ont du mal à affiner ensemble leur lutte.
Un ex-détenu, dénonce une politisation du dossier. «Depuis 2022, il faut se demander qui je suis, dans quelles conditions j’ai été détenu. J’ai fait 11 chambres différentes, car j’étais la voix des sans-voix et je me battais contre l’injustice. Certains n’ont pas de crédibilité. Certains étaient dans de bonnes chambres, c’est facile de parler. Je regrette une politisation des victimes et des martyrs. Pape Mamadou Seck est mort dans la dignité. Il risque d’y avoir d’autres Pape Mamadou Seck», alerte le «Patriote», «enragé» par cette situation.
Depuis plusieurs mois, des dissensions notables persistent. Aujourd’hui, il faut se rendre compte que ce dossier des ex-détenus est une patate chaude entre les mains du régime. Même si le gouvernement a décidé d’ordonner des enquêtes judiciaires, l’impatience gagne les rangs des militants de Pastef. Avant l’échec de la loi interprétative, c’est le déblocage de l’enveloppe de 5 milliards F Cfa, destinée à indemniser les ex-détenus politiques et autres victimes des événements politiques allant de la période du 1er février 2021 au 25 février 2024, qui a provoqué la controverse.
Il est à noter que c’est le Comité chargé de proposer une assistance aux ex-détenus et autres victimes de la période pré-électorale, logé au ministère de la Famille et des solidarités, qui gère cette question extrêmement sensible. Il a pour mission de «définir les conditions et critères d’identification des ex-détenus et autres victimes bénéficiaires de l’assistance, dresser la liste définitive des ex-détenus et autres victimes…».
La nuit des longs couteaux ?
Il faut savoir que le comité, dirigé par le Secrétaire général du ministère des Solidarités, avec comme vice-président le représentant du ministère de la Justice, est composé de plus de 35 membres, entre autres des représentants du Premier ministre, des ministères des Affaires étrangères, des Forces armées, de la Justice, de l’Intérieur, de l’Economie, des Finances, de la Der, du Fonds de solidarité nationale, de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté, des pupilles de la Nation, de détenus ou autres victimes et de la Société civile.
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