Affaire des médicaments de la Patte d’Oie : Les pharmaciens au dépôt du Cap Manuel

Les quatre personnes mises en cause dans l’affaire des faux médicaments, poursuivies pour association de malfaiteurs, vente illicite de médicaments, blanchiment de capitaux, mise de la vie de personnes en danger, faux usage de faux dans des documents administratifs, exercice illégal d’une fonction légalement réglementée, ont été placées sous mandat de dépôt hier par le juge du 8e cabinet d’instruction. Face au juge, les mis en cause ont tous rejeté les chefs d’accusation et soutiennent avoir respecté toutes les exigences afférentes à l’exercice de leur métier.
Par Justin GOMIS – Ils ont passé hier leur première nuit au Cap Manuel. Les deux ressortissants chinois et les deux Sénégalais arrêtés dans le cadre de la vente illicite de médicaments ont été inculpés, après leur face-à-face avec le juge d’instruction du 8e cabinet. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vente illicite de médicaments, blanchiment de capitaux, mise de la vie de personnes en danger, faux usage de faux dans des documents administratifs, exercice illégal d’une fonction légalement réglementée. Des accusations balayées d’un revers de la main par les mis en cause devant le juge. Selon une source proche du dossier, les prévenus n’ont pas reconnu les délits à eux reprochés. Ils ont indiqué avoir exercé légalement leur métier dans le cadre d’une société, qui est légalement enregistrée. Ils ont aussi indiqué au juge d’instruction qu’ils paient leurs impôts et font leurs exportations par le Port de Dakar en payant les taxes douanières. D’après notre source, ils ont tenu à préciser au magistrat-instructeur du 8e cabinet qu’il n’a pas été trouvé en leur possession de faux médicaments mais plutôt des dispositifs médicaux à savoir des seringues, des lits, des béquilles entre autres. Et mieux, ils ont aussi déclaré que personne ne s’est jamais plaint en disant que leurs médicaments sont des faux. «Et qu’il n’existe pas de cas avéré de faux médicaments», disent les personnes mises en cause dans cette affaire, qui a fait beaucoup de bruit.
Par rapport toujours aux chefs d’accusation, les mis en cause, confie la source, ont estimé en outre que les documents afférents à la pratique de leur métier leur sont délivrés par la Direction de la pharmacie et du médicament. Poursuivis pour blanchiment de capitaux, ils ont précisé à l’endroit du juge d’instruction que l’argent qui se trouve dans leur compte a été envoyé par une banque à la maison mère qui se trouve à Niamey au Niger avec l’appui de la Banque centrale. Cet argent est destiné à la construction de leur siège à Pikine Dagoudane en face de l’Arène nationale.
Par ailleurs, ils ont déclaré avoir gardé dans leurs locaux à la Patte D’Oie une somme variant entre 30 et 40 millions de francs. Mais à leur grande surprise, disent-ils, les éléments enquêteurs ont soutenu avoir trouvé la somme de 2 135 000 F Cfa sur les lieux. Enfin pour leur gouverne, les prévenus ont déclaré avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires en bonne et due forme pour l’exercice de leur métier. «C’est un scandale», pense notre source.
En attendant, les ressortissants chinois et les deux pharmaciens sénégalais devront s’armer de patience jusqu’à la fin de l’enquête judiciaire qui peut durer environ six mois. Une insoutenable attente pour les proches des mis en cause.
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