Après 30 ans d’existence : L’Acep élargit son portefeuille

Après 30 ans d’existence, l’Alliance de crédit et d’épargne pour la production (Acep) a réussi à s’imposer dans le monde de la microfinance. Par Justin GOMIS –
En trente ans d’existence, l’Alliance de crédit et d’épargne pour la production (Acep) a fait des pas de géant dans le secteur de la microfinance. L’institution financière, qui finance le secteur informel, a multiplié par plus de 100 le capital initial financé par des fonds américains. «Ce fonds que les Américains ont laissé à l’Etat, les Sénégalais l’ont multiplié par plus de 100. On a plus de 324 mille clients. On donne 106 mille milliards de crédits par an. En 2023, l’Acep a donné 106 mille milliards aux populations de toutes les 14 régions, démontrant ainsi sa capacité à financer l’économie locale et le besoin de ses clients. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 500 employés. En 1994, on ne faisait pas plus de 20. Aujourd’hui, c’est un champ qui couvre le territoire national avec 100 points de service. On est présents dans les zones urbaines, rurales et périurbaines, c’est-à-à dire dans les banlieues», s’est réjoui Souleymane Sarr lors de la célébration des 30 ans de l’institution financière.
D’après le Directeur général, ce bilan «reluisant» a été obtenu «grâce à un engagement financier pour un secteur financier implicite». Pourtant, les autorités n’accordaient aucune confiance au projet. «Le ministre de l’Economie d’alors disait que les Sénégalais ne savent pas gérer», s’est souvenu Souleymane Sarr. Le contexte de l’époque ne plaidait pas en faveur d’un projet banquier viable. «Vers les années 80, il y avait une série de crises du secteur bancaire classique. La Bnds, l’Usb, la Sona Bank sont tombées en faillite du fait d’une mauvaise gestion. Et quand l’Acep est venue, par rapport à la question de savoir qui finance l’informel, tous les secteurs confondus, tous les Gie ne voulaient pas que ce projet tombent à l’eau comme les banques que les Sénégalais géraient. C’est ce qui a amené le ministre de l’Economie à dire que les Sénégalais ne savent pas gérer. Et qu’il faut demander aux Américains de rester encore pendant trois ans.» Il enchaîne ses explications : «Ainsi, le ministre a convoqué nos éléments qui lui ont donné leur engagement. Mais quand ils sont revenus, les Sénégalais se sont réunis, les cadres et les agents se sont mis à huis clos pour relever le défi. C’est pourquoi, depuis lors, en 30 ans, ce fonds que les Américains ont laissé a été multiplié par plus de 100.»
Aujourd’hui, les financements de l’Acep ont beaucoup impacté le secteur agricole dans le pays à travers une innovation. «On a mis en place des garanties alternatives. On sait que les gens n’ont pas de terres Et même s’ils en ont, c’est le domaine national. Ce sont des garanties psychologiques que nous prenons. L’inventaire de leurs matériels, c’est pour leur faire comprendre que ça c’est l’engagement que nous prenons afin que vous puissiez avoir des intrants, des semences et de petits équipements», a dit le Directeur général. Selon Souleymane Sarr, «au 31 décembre 2023, pour l’agriculture pluviale, nous avons donné 2 milliards 700. Ce sont 4111 petits producteurs qu’on a financé. Si on met le tout, ça fait plus de 5 mille petits producteurs. Le taux de recouvrement qu’on a réalisé au 31 décembre à la 14ème semaine de recouvrement est de 95, 36%».
L’Acep a éprouvé le modèle pour financer les agriculteurs dans des zones assez reculées et difficiles d’accès. «Nos agents ont des motos qui leur permettent de faire des tournées dans ces contrées très reculées. Au moment de la commercialisation, il y a des opérateurs que nous finançons jusqu’à hauteur de 700 millions pour leur permettre d’aller acheter la production de ces petits producteurs. Il y a une chaîne de valeur, une agriculture triangulaire composée de l’Acep, des petits producteurs et des Ops qu’on finance et qui paient dans les comptes de ces clients pour que ces crédits soient remboursés», informe-t-il.
justin@lequotidien.sn