C’est un mouvement patriotique qui peut valoir au Sénégal bien des satisfactions. Après avoir banalisé l’exceptionnel en faisant du Stade Iba Mar Diop, avec ses 8 mille places, un lieu de concert quelconque en une décennie, le hip-hop, qui a fêté ses 30 ans, grandit. Cette fois, c’est l’esplanade du Musée des civilisations noires qui s’apprête à être envahie. En effet, le Taaru rap galsen va squatter cet édifice le 25 décembre prochain. 23 rappeurs triés sur le volet auront la lourde tâche d’amorcer le décollage de ce mouvement qui n’a que trop frappé à la porte du marché international. Organisé par Sen Art Vision, le Trg se veut pérenne et ambitionne d’exporter le talent local. A cet effet, 3 générations de rappeurs vont se partager la scène pour un dialogue intergénérationnel d’un autre niveau. De Xuman, en passant par Fata, sans oublier Books, Ngaka, Ashs the best, à One lyrical, il y’en aura pour tous les goûts. D’après Tapha, le Pdg de Sen Art Vision, l’objectif est de vulgariser la beauté du rap galsen, décentraliser le mouvement et aller gagner une part de marché sur l’international. Pour cette première édition, Matador a été choisi comme parrain. «Tapha avait la possibilité de parrainer le Taaru rap galsen à une personne riche et qui pourrait lui rapporter de l’argent. J’ai voyagé partout dans le monde grâce au hip-hop. Je vis grâce à cette culture. J’ai tout reçu du hip-hop, mais jamais on ne m’a fait l’honneur que Tapha vient de me faire. Trg est un exemple à pérenniser. On a beaucoup fait pour le Sénégal, il est temps de le montrer. Au début, on avait prédit un mouvement éphémère. 30 ans après, on est là», déclare le patron d’Africulturban. Pour Tapha, c’est l’échec d’hier qui a motivé le Trg. «Quand on tombe à cheval, on remonte et on continue. Hip-hop galsen à Paris est du passé. Maintenant, on regarde l’avenir. Le hip-hop est un immeuble où les locataires ne sont pas obligés de s’entendre, mais sont obligés de s’entraider pour circonscrire le feu. C’est la vision du Trg. Nous avons l’obligation de faire quelque chose pour le Sénégal», poursuit le patron de Sen Art Vision.
Par Malick GAYE  – mgaye@lequotidien.sn