L’association Otra Africa a tenu hier au Centre européen de formation en énergie renouvela­ble (Cefer), un point de presse pour s’exprimer sur l’affaire des 4 ressortissants espagnols qui ont été victimes jeudi dernier d’une attaque armée sur la Nationale 5 entre Kataba 1 et Karong (Ziguinchor). Ils ont exhorté l’Etat à prendre les mesures nécessaires afin que la lumière soit faite sur cette affaire et à ne pas polémiquer.

L’agression des 4 ressortissants espagnols dans la matinée du 22 janvier 2018, sur la Nationale 5 entre Kataba 1 et Karong (département de Bignona), a fait réagir hier, l’Association Otra Africa. Lors d’un point de presse, le directeur de cette association, Souleymane Alioune Diallo, a exprimé toute sa solidarité et sa compassion à ces jeunes «innocents». «Ces jeunes touristes qui étaient venus découvrir la verte Casamance n’ont rien à avoir avec le conflit qui sévit dans la région du Sud… Ils étaient juste venus pour transgresser les frontières, connaitre d’autres cultures, partager et découvrir les réalités africaines et sénégalaises en particulier. Malheureusement ils sont tombés sur une bande de malfaiteurs armés», a-t-il déploré. Face à cette situation, M. Diallo est d’avis qu’il ne devrait pas y avoir matière à polémiquer. Bien au contraire pour lui, il s’agit plutôt de se mobiliser pour soutenir ces victimes et encourager les Forces de l’ordre et de défense à trouver les auteurs de cette attaque. En ce sens, il invite l’Etat du Sénégal à prendre toutes les mesures et dispositions adéquates pour faire lumière sur ce braquage, de chercher, trouver et arrêter les auteurs de cet acte «ignoble». M. Diallo a surtout salué «l’attitude diplomatique» des autorités espagnoles au Sénégal, particulièrement celle du Consul général qui, depuis l’attaque, a fait preuve de «professionnalisme» et de «discrétion diplomatique», a-t-il noté. Les exhortant à poursuivre dans cette démarche et à ne pas tenir compte de cet incident dans les liens solidaires qui lient le Sénégal et l’Espagne.
Face aux déclarations du ministre sénégalais de l’Intérieur, qui estime qu’il y a beaucoup de zones d’ombre sur cette affaire, le directeur d’Otra Africa a préféré se garder de répondre. «Jusque-là il n’y a pas eu de démenti qu’il y a attaque. Quand ? Comment ? Nous laissons le soin à l’enquête de le définir. Dans nos écrits, nous n’avons pas cité d’agressions sexuelles ni de viols. Nous nous limitons aux déclarations faites pour ne pas nous inscrire en faux contre ce qu’a dit le ministre de l’Intérieur. C’est le premier flic du pays, il est plus proche du dossier», a-t-il déclaré.
Concernant le mutisme sur ces victimes, il a fait savoir qu’en Espagne, il y a une loi qui protège les données personnelles de certaines victimes. «Nous sommes même allés chercher les noms de ces Espagnols. Mais puisque ce sont des ressortissants espagnols, nous ne pouvons les divulguer», a-t-il dit, laissant croire qu’«ils ont probablement quitté le territoire sénégalais».
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