Avis – Election inclusive en 2024 : Le oui-mais de Nicolas Ndiaye de la Ld

Nicolas Ndiaye, Secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld), fixe les limites d’une élection «inclusive» 2024 réclamée par l’opposition pour permettre à tous les candidats de pouvoir y participer. S’il milite pour que la prochaine Présidentielle se passe ainsi, M. Ndiaye estime qu’il y a de conditions à remplir pour ceux qui voudraient y prendre part.Par Amadou MBODJI –
Nicolas Ndiaye, patron de la Ligue démocratique (Ld), est pour une élection «inclusive» en 2024, tout en fixant les conditions d’y participer. «Maintenant, nous souhaiterions avoir des élections inclusives suivant les lois et règlements de ce pays. Les élections inclusives ne veulent pas dire tordre la loi et le règlement. Ousmane Sonko a un dossier judiciaire. La Justice est indépendante. Si la Justice lui permet de participer hayroun. Si la Justice ne lui permet de participer à cette élection, c’est dommage. Le jour où en matière de Justice, il y a parti-pris, je pense que nous n’aurons plus de Justice», a tenu à exprimer sa position sur cette question Nicolas Ndiaye, Secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld), ce dimanche, lors de la conférence de presse faisant suite à la tenue du Secrétariat permanent élargi à tous les secrétaires généraux de fédération du pays.
Khalifa Sall et Karim Wade dont les candidatures ont été compromises en vue des prochaines échéances électorales ont pu tirer profit de ce dialogue national lancé par le Président Macky Sall, après leur condamnation, a laissé entendre le leader de la Ld, en étant dans une position de retrouver leur éligibilité. «Je crois que ceux qui y ont participé, Khalifa et Karim Wade, ne l’ont pas regretté. Donc, nous pensons que le dialogue est une bonne chose. Quand les gens ne dialoguent pas, qu’est-ce qu’ils font ? C’est la confrontation. Autant le dialogue est la voie de la paix, autant l’absence de dialogue est la voie de la confrontation. Nous nous choisissons la voie de la paix, nous l’avons fait, nous avons dialogué», admet le Secrétaire général de la Ld. «Le dialogue a toujours été une des pierres angulaires de notre Nation. Avant l’indépendance, Senghor et Lamine Guèye étaient à couteaux tirés. Il y a eu même des morts, ils ont décidé de se rassembler pour dialoguer. Et, c’est comme ça qu’ils ont fondé l’Ups. Et ils se sont partagé le pouvoir, malgré leurs dissensions antérieures, Lamine Guèye a été président de l’Assemblée nationale jusqu’à sa mort et Senghor a été le président de la République», souligne Nicolas Ndiaye.
Poursuivant, il rappelle que «Abdou Diouf et Abdoulaye Wade ont dialogué». «En 1988, quand Abdoulaye Wade disait, «on va parler de tout avec un grand T», à ce moment Ousmane Ngom était en prison. Mais malgré tout, ils ont discuté, ils ont dialogué jusqu’à aboutir au code consensuel de 92 où il y a eu passage à l’isoloir, l’identification de l’électeur, etc. Nous sommes allés en 2000 à des élections apaisées, et après que Abdoulaye Wade a gagné, il a envoyé Abdou Diouf à une réunion au Caire pour l’y représenter et Abdoulaye Wade lui-même est allé rendre visite à Madame Coumba Dème, la maman à Abdou Diouf», a rappelé M. Ndiaye. «Le Sénégal a montré, aux yeux du monde, un visage radieux, un visage exemplaire. Autrement dit, avant ça, Abdou Diouf, en 1981, a appelé les états généraux de l’Education ; autrement dit notre pays a été toujours un pays de dialogue», affirme-t-il.
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