Les violences faites aux femmes noircissent le quotidien de plusieurs ménages dans la banlieue. Des jeunes ont décidé de porter le combat pour essayer de changer les comportements. Par Abdou Latif MANSARAY –

En banlieue dakaroise, les viols, les mariages précoces, la maltraitance chez les jeunes et femmes gagnent du terrain dans plusieurs localités. Pour lutter contre ce fléau, l’Association sénégalaise pour l’avenir de la femme et de l’enfant (Asafe) dont la Secrétaire exécutive est Fatoumata Mamadou Lamine Sy, a décidé de mener des campagnes de sensibilisation pour conscientiser ces couches vulnérables.

Pour rappel, beaucoup d’Ong avaient fait irruption dans cette partie de la capitale pour porter ce combat. Si certains n’ont pas obtenu de résultat positif malgré les moyens investis dans la lutte, c’est le programme «Power to You(th)» qui voit le jour pour continuer le lutte. «L’objectif stratégique global du programme Power to You(th) est de contribuer à ce que davantage d’adolescentes et de jeunes femmes issues de communautés mal desservies participent de manière significative à toutes les décisions visant à mettre fin aux pratiques néfastes qui portent atteinte à leur santé et à leurs droits», expose Fatoumata Mamadou Lamine Sy.

Ce programme international se déroule dans 7 pays. «Au Sénégal, le lead du projet est porté par Amref Health Africa Wa (partenaire A), qui collabore avec l’Alliance nationale des jeunes pour la santé de la reproduction et la planification familiale (Anjsr/Pf) en tant que partenaire B, pour donner une place prépondérante et significative aux jeunes dans le pilotage, la mise en œuvre et le suivi-évaluation du programme», renseigne Fatoumata Mamadou Lamine Sy.
Lors des échanges, les acteurs ont soutenu que le programme Power to You(th) permettra aux adolescentes et jeunes femmes des pays cibles de renforcer leur capacité d’action, de revendiquer leurs droits, de lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes, de remettre en cause les normes qui leur sont défavorables et de plaider pour une prise de décision inclusive. «Une attention particulière sera portée sur les pratiques néfastes telles que les Mmutilations génitales féminines/excisions (Mgf/E), les mariages d’enfants, les violences faites aux femmes et aux filles, et les grossesses précoces et/ ou non désirées. Nos voies de changement ciblent les jeunes adolescentes et adolescents et jeunes femmes et hommes, les Organisations de la société civile (Osc)», renseigne la Secrétaire exécutive d’Asafe. Pour Pape Alboury Sow, chargé de la formation du département genre à Asafe, «la participation significative des jeunes, qui joueront un rôle actif et valorisé, véritablement significatif, dans tout le processus de mise en œuvre, y compris dans la gestion et la gouvernance du programme, et les Osc partenaires du programme devront fortement y contribuer». Il ajoute : «Après avoir réalisé une session d’audition citoyenne pour renforcer les connaissances des jeunes leaders sur la gestion des collectivités territoriales, l’Asafe, en collaboration avec la commune de Médina Gounass, a organisé une audience publique avec le maire et les jeunes du département de Guédiawaye. Ces jeunes vont porter le plaidoyer auprès du maire pour une prise en compte des besoins des adolescent(e)s et jeunes en matière de santé et leur implication dans les instances de prise de décision, et aujourd’hui nous avons formé et sensibilisé plus de 40 jeunes leaders qui vont faire face au maire et vont porter les messages de plaidoyer dans l’objectif d’amener le maire à s’engager sur les problèmes soulevés par les jeunes.» Message perçu, car le maire de la localité, Baïdy Ba, promet d’accompagner la résolution des problèmes soulevés par les jeunes.
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