Brésil – Suite à des accusations de «prévarication» : Le Parquet ouvre une enquête contre Jair Bolsonaro

Cette enquête avait été demandée par trois sénateurs après la révélation d’un haut fonctionnaire ayant reçu une facture suspecte de 45 millions de dollars pour trois millions de doses d’un vaccin contre le Covid-19. Le pays n’a jamais reçu ces doses et ce vaccin, d’un laboratoire indien, n’avait pas reçu d’homologation au Brésil.
Le Parquet brésilien a annoncé vendredi 2 juillet, «l’ouverture d’une enquête» sur les accusations portées contre le Président Jair Bolsonaro : il aurait omis de signaler une tentative de corruption dans son gouvernement lors d’achats de vaccins contre le Covid-19.
«Dans un avis publié ce vendredi matin, le bureau du Procureur général a informé la Cour suprême de l’ouverture d’une enquête sur les événements rapportés» par trois sénateurs qui ont accusé lundi M. Bolsonaro de «prévarication», a fait savoir le Parquet dans un communiqué.
Cette demande repose sur le témoignage, le 25 juin, d’un fonctionnaire du ministère de la Santé et de son frère député, qui a fait l’effet d’une bombe lors d’une audience devant cette commission. Ce fonctionnaire, Luis Ricardo Miranda, responsable des Importations médicales au ministère, avait vu atterrir le 18 mars sur son bureau une facture suspecte de 45 millions de dollars pour trois millions de doses du vaccin Covaxin, du laboratoire indien Bharat Biotech.
Une facture sans vaccin et sans homologation
Des signaux intrigants alertent alors M. Miranda qui refuse d’autoriser le paiement. Aucun vaccin n’avait été livré, et le Covaxin n’avait pas reçu l’homologation des autorités sanitaires. De plus, le contrat – d’un montant total de 300 millions de dollars – ne mentionnait nulle part Madison Biotech, la firme singapourienne qui avait envoyé la facture et semblait être une société-écran. La transaction était d’autant plus étonnante que le Président avait par le passé rejeté des offres pour des vaccins moins chers et plus efficaces.
M. Miranda avait immédiatement fait part de ses inquiétudes à son frère, le député Luis Miranda, un partisan de Jair Bolsonaro. Ils auraient alors rencontré le Président le 20 mars à Brasilia. Selon les déclarations des frères devant la Cpi, le Président leur avait assuré qu’il transmettrait l’affaire à la Police fédérale, ce qu’il n’a apparemment jamais fait et a amené les sénateurs à demander, lundi, l’ouverture d’une enquête.
Le Monde