Le Sénégal se prépare à aller défendre son titre de champion d’Afrique U17 au Maroc (30 mars au 19 avril). Les Lionceaux, qui doivent quitter Dakar lundi prochain, vont débuter contre leurs voisins gambiens, le 1er avril, avant de terminer par la Tunisie et la Somalie.En attendant le début des choses sérieuses, le sélectionneur Pape Ibrahima Faye s’est confié à Cafonline.com. Morceaux choisis.

 

Le Sénégal est dans le Groupe C avec la Gambie, la Tunisie et la Somalie. Quelles sont vos impressions ?
Je considère que ce n’est pas une poule facile. Je commencerai par nos voisins gambiens. Comme vous le savez, dans un championnat, les matchs avec les équipes qui se disputent le haut du tableau sont souvent appelés des derbies. Même lorsque les pays ne sont pas limitrophes, un derby peut exister. Si nous étions dans un football de quartier, nous parlerions d’équipes partageant le même quartier. Sur un plan plus large, géographiquement parlant, un match face à la Gambie est donc un derby. Nous savons que le Sénégal remporte généralement ces confrontations, mais cela reste un derby, et nous sommes voisins. Vous savez bien comment nous percevons les voisins ici en Afrique : il y a une rivalité naturelle, presque un miroir social. Personne ne souhaite que l’autre soit supérieur. Dans ce contexte, un match Sénégal-Gambie ne peut pas être facile. Mais cela reste du football. Nous allons l’aborder avec sérieux et respect envers notre adversaire, la Gambie.

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Concernant la Tunisie, c’est un pays que nous respectons énormément pour son passé et son organisation. Ils disposent d’un bon championnat local, de centres de formation structurés et d’infrastructures de qualité. Ce sont des éléments qui font de la Tunisie un adversaire redoutable.

Quant à la Somalie, c’est une inconnue. Ce pays, ainsi que d’autres comme la Tanzanie ou le Soudan, a des similitudes avec les nations d’Afrique du Nord, comme l’Egypte ou l’Ethiopie. Ces pays privilégient un football technique plutôt que physique. J’ai une idée générale de leur style de jeu, mais je ne connais pas très bien leur football. Toutefois, je respecte énormément leur organisation et leurs clubs, qui font venir des joueurs étrangers. Vous pouvez donc comprendre que cette poule est loin d’être facile pour le Sénégal.

Vous entamez cette compétition en tant que champion en titre, ce qui fait de vous l’un des favoris. Quelle est votre approche face à cette attente ?
J’ai joué au football et entraîné plusieurs équipes. Un match ne se gagne jamais à l’avance, un tournoi non plus. On peut être favori, mais cela ne garantit rien. La raison est simple : après une victoire, on a tendance à se relâcher. Mais ce n’est pas ma philosophie. Je ne me considère pas comme un favori. Je dirige simplement une Equipe nationale et je travaille dur pour maintenir son niveau. Mon objectif principal est de qualifier le Sénégal pour la Coupe du monde. Si nous atteignons la demi-finale ou la finale, ce sera une belle récompense pour notre travail. Ce statut de favori ne me perturbe pas et ne me fera pas me reposer sur mes acquis.

Lors de la dernière édition, c’était Serigne Saliou Dia qui occupait votre poste. Il dirige aujourd’hui les U20. Echangez-vous sur cette génération talentueuse du football sénégalais ?

Avant qu’il ne prenne en charge les U20 et que je devienne sélectionneur des U17, nous entretenions déjà d’excellentes relations, au-delà même du football. Nous avons toujours échangé et partagé nos expériences. Lorsqu’il dirigeait les U17, j’étais en charge des U15. Nous avions déjà l’habitude de discuter, que ce soit sur la sélection nationale ou en club. Aujourd’hui encore, nous continuons à collaborer. C’est une bonne dynamique au sein de la Direction technique sénégalaise.

Quels aspects du jeu jugez-vous essentiels pour réussir à ce niveau ?
Il faut exceller dans tous les domaines. Un joueur doit être techniquement au point pour rivaliser avec d’autres cultures footballistiques. Mais il ne suffit pas d’être bon sur le terrain. Il faut adopter une démarche professionnelle : bien gérer la récupération, l’alimentation, le repos… Tout cela joue un rôle-clé. Aujourd’hui, le football ne se limite plus aux performances sur le terrain. La discipline en dehors est tout aussi importante. Si nous respectons ces principes, nous avons les moyens de conserver notre titre et de qualifier le Sénégal pour la Coupe du monde.

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Pouvez-vous nous décrire votre groupe ?

Mon groupe est composé de jeunes issus des académies, des centres de formation et des clubs sénégalais. Un seul joueur a déjà disputé la Can U17 précédente : Ibrahima Sory Sow, qui est aujourd’hui notre capitaine. Malheureusement, il n’a pas pu participer au tournoi amical au Maroc la semaine dernière en raison d’une blessure. Tous les autres joueurs viennent des structures locales. Le profil du footballeur sénégalais est technique. Nous privilégions l’intelligence de jeu et la maîtrise du ballon. J’ai déjà travaillé avec plusieurs de ces jeunes en sélection scolaire et en U15. Je connais leur potentiel et j’ai confiance en eux pour cette compétition.

Comment se passe votre préparation ?
Nous venons d’effectuer un tournoi de préparation au Maroc et aussitôt nous avons repris les entraînements. J’ai également convoqué d’autres jeunes que je voulais observer. L’un d’eux, qui vient de France, avait attendu mon retour. Je lui ai donné l’opportunité de s’entraîner avec nous pendant quelques jours avant qu’il ne retourne en France pour attendre sa convocation. Je tiens à préciser que je n’écarte aucun joueur. Tant qu’il a la nationalité sénégalaise et qu’il pratique un bon football, les portes de la sélection restent ouvertes. Jusqu’au dernier moment, je suis prêt à faire appel à tout joueur qui pourrait apporter un plus à l’équipe.