Hier à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, le maire de Mérina Dakhar a signé une convention avec la Fédération des associations de développement communautaires (Fadec), qui regroupe 20 communes des régions de Thiès, Louga et Diourbel, pour un financement d’un montant de 100 millions de francs Cfa.
Le maire de la commune de Mérina Dakhar a signé, hier, à l’occasion de la Journée internationale de la femme une convention avec la Fédération des associations de développement communautaires (Fadec), consistant en un fonds de garantie de 20 millions de francs Cfa, qui a été mis en place. Un fonds qui a pu mobiliser des crédits de 100 millions de francs Cfa, qui seront destinés à toutes les femmes du Cayor, de Pire jusqu’à Thilmakha. Pour Aymérou Gningue, par ailleurs président des maires du Cayor, «100 millions, c’est une goutte d’eau dans les besoins, mais c’est un début, et nous allons continuer en essayant de travailler avec les mécanismes de fonds qui existent au Sénégal, pour justement mobiliser beaucoup plus de ressources. Nous allons aussi essayer, à travers l’initiative privée et nos partenaires avec qui nous travaillons dans le Cayor, notamment dans le solaire, qui sont aussi disposés à nous appuyer dans le cadre de la mobilisation des ressources pour les femmes, de trouver des réceptacles, comme Fadec-Cadior. Lesquels pourront recueillir ces fonds, les démultiplier. Et du moment qu’ils sont déjà aguerris, avec des mécanismes qui sont huilés». Le maire de Mérina Dakhar de rassurer : «On pourra leur confier cela, et je suis sûr que les remboursements pourront se faire sans problème, parce que c’est dans le cadre du réseau vie. Ce n’est pas des crédits que nous allons mettre sur fonds perdus, mais c’est des crédits avec des remboursements qui vont se reconstituer. Et comme ça, nous pourrons en tout cas, atteindre un maximum de femmes, conformément au mécanisme que nous voulons». L’élu pense surtout, que «les actions futures du fonds qui est destiné à l’entreprenariat féminin, venant s’ajouter à une importante initiative locale, devra permettre de mobiliser beaucoup plus de ressources pour que les femmes puissent travailler, créer de la richesse et, en fait, retrouver la dignité, d’autant que la première des dignités, c’est de pouvoir travailler dignement et subvenir à ses besoins».
Aymérou Gningue, parrain de la célébration de la journée du 8 mars dans le Cayor, a saisi l’occasion pour parler du rôle des femmes dans le Plan Sénégal émergent (Pse) un programme initié par le président de la République. «Nous avons échangé longuement pour voir quelles sont les difficultés que rencontrent les femmes du Cayor, mais aussi les solutions que nous comptons apporter à travers le soutien permanent que nous devons apporter aux braves dames dans les tâches ménagères, mais surtout au niveau de la mobilisation des crédits», souligne-t-il. Il se réjouit de la «chance» qu’ont les femmes cayoriennes «d’avoir à leurs côtés, ce 8 mars, des personnalités qui gèrent le Fonds destiné à l’entreprenariat féminin, avec qui elles ont pu faire un diagnostic complet de la situation pour trouver des solutions». Le président du Conseil d’administration de Ahs, Aymérou Gningue, n’a pas manqué d’adresser un message au ministre de la microfinance, Moustapha Diop, pour des financements en faveur des femmes de Cayor. Car rassure-t-il, «nous savons exactement comment ces groupements féminins peuvent travailler à partir des fonds qui pourront être mis à leur disposition, parce qu’elles le font depuis déjà 25 ans». Et indique-t-il, «aujourd’hui nous sommes avec zéro défaillance, cela veut dire qu’on reconstitue le fonds, que les personnes qui ne sont pas touchées dans la première phase pourront être touchées dans une seconde et une troisième phase, et c’est pourquoi c’est extrêmement important».
Saluant l’initiative d’aider les femmes du Cayor, Mansour Ndoye chargé des relations extérieures de la Fadec, a dénoncé le manque de soutien des autorités étatiques vis-à-vis des organisations paysannes qui composent sa fédération. «Aujourd’hui, toutes les activités que nous faisons, c’est par notre propre volonté ou l’assistance de nos bailleurs, notamment la Fao l’Usaid etc. Nous avons d’énormes difficultés pour disposer de semences de prêt base. Cette année ci par exemple, nous avons fait une demande de 500 kg de prêt base mais on a pu obtenir que 100 kg du gouvernement», regrette M.Ndoye.
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