Arrêté en 2015 aux Parcelles Assainies, l’accusé Tamsir Tall a été traduit hier devant le juge de la Chambre criminelle pour association de malfaiteurs, détention et trafic intérieur de drogue. Pour lui et son supposé acolyte, les avocats ont sollicité l’annulation de toute la procédure pour, disent-ils, non-respect du règlement N°5 de l’Uemoa. Ledit règlement dispose qu’on doit notifier à toute personne interpellée son droit de se faire assister par un avocat.
Après 3 ans de détention préventive pour détention et trafic intérieur de drogue, le nommé Tamsir Tall était hier devant la Chambre criminelle. En 2015, l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) a été informé d’un trafic intense de drogue entretenu par un réseau aux Parcelles Assainies. Après avoir infiltré le milieu, les policiers qui ont procédé à des recoupements ont réussi à mettre la main sur Tamsir Tall, né en 1969, soudeur métallique de son état demeurant à l’unité 21 des Parcelles Assainies.
Face aux enquêteurs, il a révélé qu’il a confié la garde du produit prohibé à El Hadji Mbaye. Ainsi la perquisition effectuée chez le susnommé a permis de saisir la variété braon d’une quantité de 19 blocs contenant chacun 2 kg. En contrepartie, M. Tall devait lui remettre la somme de 50 mille francs Cfa comme commission. Au moment de son arrestation, les limiers ont trouvé par devers Tamsir Tall le montant de 105 mille franc Cfa, fruit de la vente dudit produit, selon l’accusé lui-même. Ce dernier a d’ailleurs avoué qu’il avait eu à céder 11 blocs à des clients sur les 30 de 2 kg chacun commandés du Mali.
Son présumé acolyte, El Hadji Mbaye, poursuivi pour association de malfaiteurs et complicité de détention et de trafic intérieur de drogue avait reconnu les faits lors de l’enquête préliminaire, selon l’ordonnance de renvoi à la Chambre criminelle. Mais devant le magistrat-instructeur, le vigile âgé de 58 ans, a dit que Tamsir Tall ne lui avait pas révélé la vraie qualité du produit qui lui avait été confié. Toutefois, le juge et ses assesseurs n’ont pas pu entrer dans le fond des débats de cette affaire. Car les avocats de la défense ont soulevé une exception de nullité. Pour les conseillers, les droits de leur client ont été violés avec le non-respect du règlement N° 5 de l’Uemoa entré en vigueur le 1er janvier 2015. Selon Me El Mamadou Ndiaye, la procédure a démarré en mars-avril et il n’a pas été notifié à son client le droit de se faire assister par un avocat dès son interpellation. Du coup, ils ont plaidé l’annulation du procès-verbal, par ricochet de toute la procédure. Cependant le ministère public s’est opposé à cette requête en arguant qu’un «moment donné, il y a un flottement sur l’application de cette disposition communautaire». Le législateur n’avait pas encore, dit-il, reconnu cette loi. Par ailleurs, le maître des poursuites a reconnu qu’il y a eu manquement au moment de la première comparution. L’affaire est mise en délibéré au 7 août prochain.
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