Face à une situation économique exécrable provoquant la mise en place d’un Pres, le ministre des Finances et du budget, Cheikh Diba, a donné hier des assurances concernant les négociations menées avec le Fonds monétaire international (Fmi). Pour Cheikh Diba, elles «se passent très bien». «Nous avions fait un inventaire sur la dette pour avoir la situation exacte des statistiques sur les finances publiques. Nous avons eu les chiffres exacts et avons constaté que le Fmi a bien accordé une dérogation, ce qui lui permet de nous accompagner avec un nouveau programme. Aujourd’hui, les discussions sont sereines et se déroulent dans une atmosphère de confiance mutuelle», rassure-t-il. En écho, le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération rappelle que le Fmi n’est qu’un «prêteur en dernier ressort, son rôle étant surtout d’accompagner les Etats». Le Fmi garantit la confiance vis-à-vis d’un Etat, parce que les partenaires lui font davantage confiance qu’à certains Etats, dit Abdourahmane Sarr. «La problématique de la dette est là […] mais nous allons la gérer», ajoute Cheikh Diba, lors de la séance plénière pour entendre le gouvernement sur des Questions d’actualité.
Face au déficit budgétaire hérité du précédent régime et évalué à 13, 4%, l’argentier de l’Etat annonce des avancées pour revenir dans les clous de l’Uemoa. «Oui, la dette, c’est notre dette au nom de la continuité de l’Etat […], c’est un déficit budgétaire dont on a hérité, qui était à 13, 4%», rappelle M. Diba. «Nous passons de 13, 4 à 7, 8% cette année, se projette-t-il. C’est difficile, mais nous sommes en train de le faire. Fin décembre, nous apprécierons ensemble les résultats.» Il justifie cette évolution par les opérations d’amortissement et de refinancement. «La dette que vous remboursez est immédiatement reconstituée par le recours au marché. C’est un déstockage suivi d’un stockage. La véritable solution, c’est la consolidation budgétaire. Nous avons trouvé des charges budgétaires mises de côté, sorties des tiroirs au moment du contrôle. C’est cela la réalité de l’exécution budgétaire», insiste le Mfb. En tout cas, il estime que l’Etat est déterminé à ramener son déficit budgétaire à 3% du Pib en 2027. «En 2027, nous serons à 3%, parce que ce n’est pas négociable, pour reprendre les termes du Premier ministre. Nous savons comment y arriver et nous sommes en train de dérouler les mesures nécessaires», assure le ministre des Finances.
Par contre, il estime qu’aucune restructuration de la dette publique n’est envisagée. Il réitère une «position formelle» de l’Exécutif, qui a toujours exclu cette éventualité. Par ailleurs, il a admis que «des divergences existaient sur les hypothèses macroéconomiques, les critères et l’ajustement». M. Diba assure aussi que les discussions «ont permis au moins de réduire l’amplitude des écarts». «Il faut parfois surprendre dans les mesures. L’essentiel est dans ce que nous faisons sur le fond, et nous savons où nous allons. Nous ne ferons pas d’erreur. Si nous poursuivons dans cette voie, nous atteindrons nos objectifs», rassure le ministre des Finances.