COVID-19 – Gestion des cas contacts : Stratégie «atypic»

A Dakar, la situation liée au Covid-19 nécessite un réajustement de la stratégie pour essayer de couper la chaîne de contamination. En tout cas, l’heure est grave. Entre le 23 juin et hier, le pays a connu 616 cas positifs au coronavirus et 19 décès.
Jusqu’ici, rien n’indique que le nombre de contaminations au Covid-19 et d’hospitalisations va ralentir dans les prochains jours. Alors que vendredi, le ministre de la Santé et de l’action sociale, qui était à l’Assemblée nationale, donnait les chiffres de la maladie pour étayer la thèse selon laquelle le Sénégal a connu le pic de la maladie. Selon lui, le taux de létalité est de 1,4% contre 5% au niveau mondial et 3% au niveau africain, et le taux de guérison au niveau national est de 66% contre 50% au niveau mondial et 48% au niveau africain.
Si la jauge est basse dans plusieurs régions du pays qui poursuivent leur décrue, la situation à Dakar continue d’exploser avec une saturation des centres de traitement et des structures de prise en charge extrahospitalière. Aujourd’hui, la situation épidémiologique au niveau districts de Dakar Ouest (992), Centre (909), Nord (871) et Sud (863), Guédiawaye (310), Mbao 247 doit pousser à un réajustement de la stratégie actuelle.
Changement de stratégie
En apparence, les autorités semblent figer leur stratégie malgré la détérioration de la situation. En chiffres, le pic de 771 cas observés durant la semaine du 11 au 17 mai dernier a été dépassé pendant la semaine du 15 au 21 juin 2020, avec 798 cas. Entre aussi les 23 et 28 juin, le pays a connu 616 nouveaux cas confirmés de Covid-19 et 19 décès durant la même période. La tranche d’âge 20-39 ans est la plus touchée et le ratio homme/femme est de 1,3.
Par ailleurs, le ministère de la Santé a publié une nouvelle circulaire accompagnée d’une fiche technique pour procéder à un «réajustement stratégique», rendant encore plus drastiques les conditions d’accès au test pour les cas contacts. Seuls les cas, qui présentent des symptômes et les asymptomatiques jugés vulnérables dont l’âge est supérieur à 50 ans et présentant des comorbidités, seront testés. Un virage à 360 degrés qui montre le flou qui entoure les stratégies mises en place par le gouvernement.
Plus d’un mois après la levée des mesures restrictives sur le transport, l’allègement du couvre-feu, la situation continue à se détériorer. Faut-il confiner la capitale qui concentre l’essentiel des cas positifs ? C’est une hypothèse improbable, mais ces données sont une alarme alors que les tensions sociales commencent à gagner les Centres de traitement des épidémies (Cet), notamment à Diamniadio et Dalal Jaam avec la grève des médecins-doctorants. Même si les pourparlers ont permis de désamorcer la bombe dans ces deux Cet au bord de la rupture avec la hausse des cas de contamination. Hier, le directeur de la Prévention, El Hadji Mamadou Ndiaye, qui faisait son baptême du feu dans la communication de la situation de cette maladie, a annoncé que «sur 1 179 tests réalisés, 127 sont revenus positifs». Il s’agit de 104 contacts suivis par les services du ministère de la Santé et de l’action sociale, 2 cas importés et 21 cas issus de la transmission communautaire enregistrés à Mbao (3), Rufisque (3), Guédiawaye (2), Kaolack (2) ou Thiès (2) entre autres. Selon toujours le directeur de la Prévention, 27 cas graves sont présentement pris en charge dans les centres de traitement et 3 patients sont aussi décédés du Covid-19 samedi. Alors que 36 patients ont été déclarés guéris.
Depuis l’apparition de la maladie le 2 mars dernier, le Sénégal compte 6 586 cas positifs dont 4 291 guéris, 105 décès et 2 189 patients encore sous traitement.