Le point fait hier sur la situation de la maladie devrait édifier les gens sur la gravité de la situation. Les 19 cas communautaires recensés sont dispersés dans quasiment toutes les régions. Même s’il n’y a pas de liens officiellement établis entre cette situation et les voyages liés à la Tabaski, les lendemains de cette fête risquent d’être effroyables. Car le ballet des «horaires» entre la capitale et les régions est incessant, faisant craindre une explosion des cas avec le relâchement dans l’observance des gestes barrières. Répartis entre Thiès (2), Dakar Plateau, Diamniadio, Fass Delorme, Grand-Yoff, Guin­guinéo, Kédou­gou, Keur Mas­sar, Mbao, Mékhé, Popen­guine, Rufisque, Touba, Kao­lack, Kébémer, Passy, Ziguin­chor et Richard Toll, ces nouveaux cas communautaires devraient doucher les envies de voyage de ces milliers de Sénégalais. Alors que le Sénégal a dépassé hier 1 500 cas issus de cette transmission.
Il faut savoir que le ministère de la Santé et de l’action sociale a annoncé hier 83 nouvelles infections au Covid-19 sur 1 083 tests réalisés dont 64 cas contacts. En même temps, 68 patients sont sortis des centres de traitement, 50 toujours dans un état grave et pris en charge dans les différents services de réanimation et 3 décès.
Aujourd’hui, 9 764 personnes ont été contrôlées positives dont 6 477 guéries, 194 mortes et 3 092 sous traitement. Face à cette situation qui échappe à tout contrôle, le directeur de la Prévention exhorte les citoyens à respecter les mesures barrières pour endiguer la progression de cette pandémie. Il semblerait que ces conseils continuent de tomber dans des oreilles sourdes, vu la banalisation du port du masque et de la distanciation physique sans que l’on sente une quelconque pression sur les contrevenants.
Ailleurs dans le monde, des pays «reconfinent» pour lutter contre la pandémie de coronavirus, comme en Afrique du Sud ou au Maroc, pour juguler la contamination. Pour l’instant, dans les pays touchés, c’est un «reconfinement» local qui est privilégié pour éviter une deuxième vague. En Europe, ce sont des villes entières de nouveau à l’arrêt où le port du masque est aussi rendu obligatoire dans les lieux publics et privés. Par contre, les autorités politiques et médicales de ce pays ont décidé de relâcher la pression en pariant sur la responsabilisation des citoyens pour réussir à casser la chaîne de contamination. Bien sûr, ce pari semble perdu, comme le confirme l’explosion de la transmission communautaire avec au moins 1 500 cas confirmés…