Déclaration – Trafic présumé de passeports diplomatiques : Aymerou Gningue : «L’Assemblée n’a pas encore été saisie pour la levée d’immunité»

Dans l’affaire du trafic présumé de passeports diplomatiques, l’Assemblée nationale n’a pas encore été saisie pour une quelconque procédure de levée d’immunité parlementaire. La révélation est du président du groupe parlementaire Benno bokk yaakaar qui a réitéré qu’aucun député ne sera protégé.Par Souleymane THIAM –
Le groupe parlementaire Benno bokk yaakaar (Bby) ne compte pas entraver une éventuelle action judiciaire contre les députés cités dans le trafic présumé de passeports diplomatiques. Du moins si on en croit le président Aymérou Gningue qui dit avoir reçu les députés Mamadou Sall et Boubacar Biaye. «Ils sont disposés à répondre pour aller donner les arguments qu’ils ont à la police. Aucun député, dans le cas d’espèce, ne sera protégé par mon groupe», a déclaré M. Gningue hier au Jury du dimanche d’Iradio et Itv. Le président du groupe des députés de la majorité a, cependant, précisé que l’Assemblée nationale n’a pas encore été saisie par le ministère de la Justice pour une procédure de levée d’immunité parlementaire. Mais Aymérou Gningue a clamé l’ouverture de Bby pour l’éclatement de la vérité dans ce dossier qui a écorné l’image de l’Assemblée nationale. «Le groupe que je dirige, qui comprend le président de l’Assemblée nationale, fera le travail qu’il faut à chaque fois que, dans la procédure, il sera demandé à ce qu’on lève l’immunité d’un député parce qu’il aura trempé de près ou de loin à quelque chose d’illégal. Vous pouvez compter sur moi que la levée sera effective», s’est engagé le député-maire de Mérina Dakhar. En attendant, il a demandé aux uns et aux autres de respecter la présomption d’innocence des mis en cause. «Les enquêtes de police sont en cours, la justice va certainement être saisie, laissons-la faire son travail», a-t-il insisté.
Sur le même plateau, Barthélemy Dias avait soutenu une semaine plutôt que cette affaire relevait d’un cas de «flagrant délit» et que cela ne nécessite pas une levée d’immunité parlementaire. Aymérou Gningue de répliquer : «On n’est pas dans un cas de flagrant délit. Il y a une personne centrale (El Hadji Diadji Condé) qui a été arrêtée et au cours de l’enquête, on a trouvé chez lui des documents qui semblent appartenir à des députés.» Selon M. Gningue, il n’y a pas de lenteur dans cette affaire. «Nous ne pouvons pas accélérer les dates parce qu’il faut respecter la procédure. Il y a une enquête de police et laissons les choses se poursuivre», a-t-il invité, rappelant que la procédure de levée de l’immunité parlementaire de Ousmane Sonko avait pris au moins 21 jours. Concernant la vidéo de Bougazelli qui circule sur les réseaux sociaux, le président du groupe parlementaire Bby dit n’avoir «honnêtement pas vu» l’élément.
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