Démarrage de l’opération «Sénégal propre» – LE DÉFI DU BALAI CITOYEN – L’adhésion populaire, un enjeu

Le président de la République donne les premiers coups de balai ce matin chez lui à Mermoz. Une belle initiative qui sera satisfaisante s’il y a une adhésion populaire à ce projet de «Sénégal propre».
Balais à la main, poussant une brouette, masque sur le nez… C’est l’image qu’on verra peut-être de Macky Sall devant sa maison à Mermoz. Le président de la République va ainsi concrétiser le démarrage effectif de la campagne nationale de promotion de la propriété nommée «Cleaning days» dont il répète l’importance depuis sa réélection. Par conséquent, il va troquer son manteau de chef d’Etat pour enfiler les habits d’un citoyen «éboueur». Les choses ont traîné depuis que l’idée a germé dans sa tête à cause de beaucoup de contraintes structurelles et conjoncturelles.
Mais à travers cet engagement, le chef de l’Etat cherche à inciter tous les segments de la société, notamment les maires, les conseillers municipaux, les imams, les maîtres coraniques, les membres d’Asc, la jeunesse, les groupements féminins à s’investir dans la lutte contre l’insalubrité. Lors de la Tabaski 2019, il avait annoncé que son souhait est de voir le Sénégal cité parmi les pays les plus propres du continent africain dans un délai d’un mois. Il avait manqué ce pari en se rendant compte évidemment que la réussite d’un tel défi nécessitait une forte mobilisation des uns et des autres, mais aussi une logistique performante.
Maintenant, il reste à savoir aussi s’il va obtenir l’adhésion populaire. Sachant que les Sénégalais, dans leur grande majorité, ne font pas de la propriété publique une priorité. A Dakar, la devanture de certaines maisons est un véritable dépotoir d’ordures. De même que certains marchés où les clients sont accueillis par l’odeur nauséabonde. Autre chose qui risque d’être un frein à la réussite d’un Sénégal propre comme le Rwanda cité parfois en exemple, c’est l’accompagnement de l’Etat. Les collectivités locales qui sont aujourd’hui sollicitées n’ont pas été toutes dotées en matériels pour débarrasser leur localité des saletés. Même si Macky Sall avait soutenu qu’au «chapitre des moyens logistiques, je viens de réceptionner un important lot d’équipements et de matériels roulants : bennes, poly bennes, camions, tractopelles, balayeuses, laveuses. Ces matériels relèvent de l’Unité de coordination de la gestion des déchets qui appuie notamment les collectivités territoriales de Dakar, de Touba, de Tivaouane, entre autres».