Dans les démocraties contemporaines, lorsque l’Exécutif prend des actes unilatéraux sous forme de décrets-lois, ou bien quand le Parlement adopte tardivement des lois de règlement (des lois qui constatent les différences possibles entre les prévisions de la loi de finance initiale et les résultats), des esprits retors pour ne pas dire démagogues s’emportent inutilement. Dans la même dynamique, quand  un journaliste est condamné dans un procès où un magistrat est partie (procès Madiambal Diagne/S. Teliko), les mêmes esprits que j’ai évoqués ci-dessus doivent normalement se poser des questions.
Tout compte fait, le dénouement de ce procès Madiambal/Teliko doit nous pousser à nous poser la question suivante : est-ce que la revendication de l’Union des magistrats du Sénégal, selon laquelle le président de la République ne doit pas siéger au Conseil supérieur de la magistrature, est pertinente ? Est-ce qu’elle ne peut pas déboucher, une fois réalisée, sur un gouvernement des juges ? Those are the questions !
Enfin et en un mot, dans une démocratie normale, les contre-pouvoirs doivent fonctionner, de telle sorte qu’on n’ait pas un gouvernement des députés, des juges, de la presse, des lobbies, ou un Exécutif dangereusement tentaculaire.
Abdoulaye NDIAYE
Sibassor