Diawar Dièye a vu le jour à Thiès le 15 septembre 197O. Après un Bac E décroché au lycée technique Peytavin, le candidat de la liste Assemblée bi nu bëgg, dirigée par Mohamed Sall Sao, fréquente l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et effectue des stages aux Industries chimiques du Sénégal (Ics) et au Port de Dakar avant de rejoindre la Sococim de 1995 à 2000 en tant que préparateur mécanique. Diawar n’a plus d’yeux que pour l’émigration. Il choisit alors l’Italie. A Naples, il passe deux ans à travailler dans l’informel dans l’attente d’une régularisation. Puis, c’est la montée vers le nord de la botte italienne : la Vénétie et Trévise plus particulièrement. Ce spécialiste de l’électro-mécanique travaille pour Digi meccanica, une entreprise de fournitures automobiles qui fournit notamment des pièces pour Audi. Son credo se résume à «sécuriser et favoriser» le privé sénégalais qui investit en Italie : «On ne peut pas rester les bras croisés et continuer à subir.» Subir, c’est notamment la concurrence des Chinois qui investissent désormais le circuit de la distribution et de la vente des produits alimentaires africains en Italie. D’après lui, il y a parmi la diaspora sénégalaise des hommes d’affaires qui veulent faire des affaires, mais «ils sont vite découragés du fait de la lourdeur de la bureaucratie sénégalaise pour exporter». M. Dièye soutient que l’Etat devrait mieux accompagner ces citoyens qui «perdent aussi beaucoup d’argent dans le transfert de capitaux vers le Sénégal». Il plaide pour l’institution d’un partenariat entre l’Etat et les opérateurs de transfert d’argent locaux pour «mieux rentabiliser ces transferts». Par ailleurs, il entend mettre en pratique les leçons tirées de son expérience de réprésentant de la communauté sénégalaise au Conseil municipal de Vazzola (Vénétie). Pour lui, les Italiens ont une manière plus «simplifiée» de faire de la politique : nombre de mandataires ont une activité annexe à la politique et savent mieux optimiser leur temps, «sans gardes du corps ni trompettes». Il affirme qu’au Sénégal, «on ne sait pas gérer le temps» et «les gens entrent en politique pour chercher du travail, sans aucun principe». A l’Assemblée nationale, Diawar Dièye entend plaider la mise en place de coopératives pour soutenir les efforts d’entreprise de la diaspora. Mais dans ce sens, il prône une politique plus interventioniste de l’Etat sénégalais, car «la coopération économique entre l’Italie et le Sénégal est encore trop modeste».