DISPARITION Champion du Sénégal de Slam 2018 : Al Faruq laisse les Sénégalais sans voix

Champion national du slam en 2018, Abdourahmane Dabo, plus connu sous le nom de Al Fàruq, est décédé le week-end dernier. Il avait représenté le Sénégal à la Coupe d’Afrique de slam poésie, en novembre 2018 à Ndjamena, au Tchad. Pourtant, ce natif de la Casamance était encore peu connu du public sénégalais. Etudiant en M2 à l’Ugb et membre fondateur du collectif Nd’art slam, l’artiste s’est patiemment construit un univers à lui, constitué de mots, de lettres, de déclamations.
Lors d’un entretien avec le journal Le Quotidien, en août 2018, il s’était présenté comme suit : «C’est Al Fàruq. Je suis Casamançais d’origine. Etudiant en Master 2 géographie, spécialité gestion des espaces et société rurale à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Slameur à plein temps.» Al Fàruq, malgré une entrée relativement récente dans le monde du slam, avait su mettre en avant ses talents de fin poète et slameur pour séduire le public averti des slammeurs.
Pour gagner le concours national de slam, il avait déclamait Monstre, un texte parlant du complexe de l’Africain. Dans l’article du journal Le Quotidien d’il y a deux ans, Al Fàruq avait eu une pensée pour les personnes qui lui avaient permis de réussir l’exploit d’être premier du concours national de slam dès sa première participation. «Il est cependant clair que s’il a pu réussir cette prouesse, c’est quelque part grâce à l’appui de personnes très dynamiques qui croyaient en lui. «Il s’agit des personnes qui dirigent la Ligue régionale de Ziguinchor de slam, en l’occurrence sa présidente Valérie Ndiolé Sambou. Qui est également coach en slam», souligne-t-il. Grâce à l’encadrement de cette dernière, Al Fàruq a travaillé sa présence scénique, sa voix et acquis bien d’autres techniques qui lui ont permis de gagner en confiance et de partir sur un meilleur pied que ses concurrents.»
On peut croire que toutes ces personnes, ainsi que d’autres encore qui ont fini par le connaître de par le monde, porteront le deuil d’une disparition prématurée, et qui brise un envol qui s’annonçait prometteur.