L’Université de La Laguna à Tenerife en Espagne a rendu un hommage à l’écrivaine sénégalaise Ken Bugul. Ce samedi, Mariétou Mbaye de son vrai nom a été faite Docteur Honoris Causa de cette université espagnole. La cérémonie solennelle a été largement relayée sur la page de l’institution. «Cette autrice de onze romans a grandi dans une famille polygame et a été abandonnée par sa mère à l’âge de cinq ans. Son intelligence lui a toutefois permis de faire des études universitaires dans son pays et en Belgique. Considérée comme l’un des écrivains les plus importants du continent africain, son œuvre offre une vision fascinante de la condition humaine, de l’exil et de la recherche d’une place dans le monde et d’une identité, le tout avec une approche humaniste, un regard critique sur les structures sociales et culturelles, et un engagement ferme en faveur des droits de l’Homme», a salué Dulce María González Doreste, du Département de philologie classique, française, arabe et romane, à propos de Ken Bugul. L’écrivaine a, à son tour, exprimé son amour pour la langue et la culture espagnoles, citant des inspirateurs tels que Unamuno, Lorca, Machado, García Márquez et Neruda au cours de son discours. «Elle a expliqué que, pour elle, l’écriture est une nécessité et une passion, une arme thérapeutique, un instrument de militantisme en faveur des droits des femmes, pour donner une voix à celles qui sont restées silencieuses pendant si longtemps», rapporte le site.

Née en 1947 à Malem Hodar dans le Centre du Sénégal, Mariétou Mbaye Bileoma, Béninoise par alliance, signe ses ouvrages du pseudonyme de Ken Bugul, pseudonyme qui signifie en wolof : «Personne n’en veut.» Diplômée de langues, spécialiste du développement et de la planification familiale, elle est intervenue dans de nombreux pays d’Afrique en qualité de fonctionnaire internationale.

Au total, 50 personnes ont reçu cette distinction de l’université de La Laguna. Mais seules huit parmi elles sont des femmes dont les trois qui ont été investies samedi dernier. «Ces dernières années, on a tenté d’équilibrer cette proportion en décernant plus de doctorats à des femmes qu’à des hommes, et l’institution continuera à persévérer dans cette voie», a indiqué le Recteur de l’université, Francisco J. García Rodríguez. «Cette cérémonie démontre l’intention de l’institution de renverser l’intolérable écart entre les hommes et les femmes dans le nombre de doctorats honorifiques», ajoute-t-il.
Par Mame Woury THIOUBOU – mamewoury@lequotidien.sn