Pour une meilleure prise en compte des préoccupations des populations, Osiwa, les acteurs de la Société civile africaine et le Bureau régional africain d’Open society fondations sont en concertation en vue d’élaborer un document de position commune et une stratégie de plaidoyer. Cette Position africaine commune (Pac) sera présentée au forum de la Société civile en marge du 5e sommet Afrique-Union européenne à Abidjan. Et la rencontre de Puerto Vallarta au Mexique, les 2 et 3 décembre 2017 prochain, permettra d’avoir une position mondiale commune sur cette question.

Le drame des migrants, réduits en esclaves en Libye, rappelle la situation de ces personnes vulnérables, qui parcourent des kilomètres à la recherche d’un hypothétique meilleur cadre de vie. Impliquée dans l’éradication de ce phénomène, Osiwa (Open society initiative for West Africa) et la Société civile africaine se concertent pour adopter ce qu’elles appellent une Position africaine commune (Pac) dans le cadre de l’élaboration du Pacte mondial sur la migration. Cette position doit prendre en compte les préoccupations des différents acteurs, en particulier les populations à la base pour les insérer dans la politique globale au niveau mondial initiée par les Nations-Unies.
Dans ce processus, ces organisations ont décidé d’inclure dans ce projet commun, des éléments fondamentaux qui ne seront pas négociables et constitueront une «ligne rouge» à ne pas franchir. Il faudra arriver à faire accepter que la migration est «un droit fondamental» dont l’aspect visible est la contribution énorme de la diaspora sur le plan économique et aussi intellectuel. Au final, Osiwa et la Société civile africaine voudraient arriver à faire adopter un «Pacte mondial sur la migration, sûr, légal et ordonné» et sans «discrimination».
Par ailleurs, il faut assurer la promotion des droits humains des migrants, la défense des causes de la migration, la gouvernance et les politiques de migration, les contributions des migrants et la lutte contre le trafic des êtres humains. Il faut savoir que le contenu de ce pacte a commencé à être édité depuis plusieurs mois à travers des consultations un peu partout sur le continent. En ce sens, les experts de la Société civile africaine et les dirigeants étatiques se sont déjà rencontrés à Bamako (août), à Dakar (septembre) et Addis Abeba (octobre). Il est prévu aussi une rencontre avec les chefs d’Etat et de gouvernement lors du prochain sommet Afrique-Union européenne prévu à Abidjan les 28 et 29 novembre prochains pour essayer de donner plus d’épaisseur au document final, qui sera présenté au Mexique les 2 et 3 décembre 2017. Mamadou Koita, coordinateur des réseaux panafricains pour la défense des droits des migrants, analyse enfin l’importance de ce Pacte sur la migration : «La Libye n’est qu’une conséquence, la question fondamentale est : pourquoi les jeunes partent ? Et au Mexique, les 2 et 3 (décembre), la Société civile mondiale va se retrouver avec six documents des six consultations vu que la région du Moyen-Orient est considérée comme une région en plus des cinq continents. Nous allons débattre pour avoir une position unique de la Société civile mondiale. Nous mettrons toutes les conclusions ensemble pour que la position de la Société civile soit partagée avec toutes les sociétés civiles au Mexique.»

Stagiaire