En marge de cet atelier, Dr Arona Ndiaye a fait une petite présentation de Noma, qui est une maladie dévoreuse, mortelle et peu connue. C’est une forme de stomatite gangréneuse. Elle est foudroyante et se développe dans la région de la bouche et du nez et plus rarement autour des yeux, d’après les explications du chef de la division de la Santé bucco-dentaire. «Cette maladie ravage atrocement le visage en détruisant, à la fois, les muqueuses, les gencives, les tissus mous, musculaires et osseux de la face», explique le spécialiste. Le premier signe qui doit alerter, selon Dr Ndiaye, c’est la gingivite.
Le Noma existe au Sénégal. Même s’il est difficile d’évaluer la prévalence, car selon Dr Ndiaye, les parents cachent les enfants atteints de cette maladie. En plus indique le chef de division, les premiers recours des parents pour les soins ce sont les tradi-praticiens. «En 2006, nous avions essayé de recenser les cas mais cela n’avait pas abouti. Nous avions recensé seulement 25 cas et en 2014 nous avons eu 14 cas», révèle Dr Arona Ndiaye. Dans les pays comme le Niger et une partie du Nigeria par contre c’est plus de 100 cas par an. La maladie touche principalement les enfants malnutris en bas âge (moins de 6 mois). Ses causes sont principalement le manque d’hygiène bucco-dentaire, la malnutrition, le déficit de vaccination. On l’appelle aussi la maladie de la précarité; car elle se développe dans des zones où les conditions d’une vie décente ne sont pas réunies.
L’Oms a ouvert un Centre de traitement en Guinée et les cas recensés sont traités gratuitement. L’organisation prend en charge les frais de traitement et le transport pour les pays de la sous-région.
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