Dr El Hadji Ibrahima Mbow, président de l’Union citoyenne Bunt-bi, décline la raison pour laquelle son parti ne prend pas part au dialogue national. «On a dit, de manière très claire, que Bunt-bi ne participe pas au dialogue pour une raison simple : on veut des préalables. Nous voulons que le président de la République parle, il avait dit qu’il avait fini. Il a écrit un livre pour dire que c’était son second et dernier mandat, nous voulons avoir la confirmation de cela», a tenu à dire Dr El Hadji Ibrahima Mbow, lors de la cérémonie de lancement de son livre Sénégal majeur, entreprenant et solidaire, tenue avant-hier aux éditions L’Harmattan.
Ancien membre de la majorité présidentielle et du Conseil économique, social et environnemental (Cese), le président-fondateur de l’Union citoyenne Bunt-bi poursuit : «Attention, Bunt-bi est un parti ouvert, un parti de dialogue, un parti de construction, un parti d’échanges.» Il précise : «On ne peut pas aller à l’aveuglette (au dialogue) pour des marchandages politiques. 2 ou 3% au Palais, ce n’est pas le Sénégal.»

«Nous avons écrit un livre, qui est le résultat d’un dialogue avec le Peuple, avec presque 95% des populations. C’est ça le vrai dialogue.» «Nous voulons un vrai dialogue sur les priorités du Sénégal. Nous ne voulons pas d’un dialogue pour arranger telle personne, telle autre personne, pour maintenir une classe politique, pour trouver des solutions politiciennes. Nous ne croyons pas à cela», explique Dr Mbow. «Tant que les préalables ne sont pas réglés, on ne participera au dialogue», insiste-t-il.

Parlant de la tension entretenue par une affaire politico-judiciaire, M. Mbow de donner une solution de sortie de crise en indiquant : «Nous attendons du président de la République qu’il parle aux Sénégalais.» «C’est important ! Cette pression de la 3ème candidature est un gros problème institutionnel. Nous avons déjà dialogué durant les Assises nationales 2011-2012. Nous avons dialogué à l’occasion du référendum en 2016. Toutes ces conclusions-là doivent être mises en œuvre», embraie-t-il. «Aujourd’hui, en quinze jours, parler de 47 points, ensuite de 9 points ou de 8 points sur des questions politiciennes, ce n’est pas ça le Sénégal. Et si nous attendons 250 jours environ avant les élections pour dire qu’on va discuter des problèmes de fond du Sénégal, ça veut dire que tout ce qu’on avait fait avant est un échec», pour en rajouter une couche. «Aujourd’hui, le problème mérite plus de considération. Le vrai dialogue, c’est avec les populations, le vrai dialogue, c’est de régler la frustration des jeunes, de redresser notre pays, de nous concerter pour que le pétrole et le gaz ne soient pas une malédiction. La stratégie du chaos, nous n’en voulons pas», appuie M. Mbow.
Par Amadou MBODJI