Le Point mensuel de conjoncture juin 2017 de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) a fait état d’un «déficit commercial qui s’est dégradé de 36,1 milliards de francs Cfa sur la période, pour se situer à 164 milliards contre 127,9 milliards de franc Cfa le mois précédent».
Les échanges extérieurs du Sénégal, selon le Point mensuel de conjoncture juin 2017 de la Dpee, sont marqués sur cette période, «par une baisse des exportations de biens de 18,1 milliards de francs Cfa, dans un contexte de hausse des importations estimée à 20,4 milliards de francs Cfa. Par conséquent, le déficit commercial s’est dégradé de 36,1 milliards sur la période, pour se situer à 164 milliards contre 127,9 milliards le mois précédent». Aussi, souligne le document, «le taux de couverture des importations par les exportations s’est inscrit en retrait de 2,6 points de pourcentage, passant à 39,2% au mois de juin 2017 contre 41,8% un mois auparavant».
En effet, explique ce département du ministère des Finances, «les exportations de biens sont estimées à 131,6 milliards au mois de juin 2017 contre 149,8 milliards un mois plus tôt. Cette situation s’explique, essentiellement, par le recul de 4,5 milliards de la valeur des principaux produits exportés, notamment les produits pétroliers, l’acide phosphorique, 3,3 milliards, les engrais minéraux et chimiques, 2,5 milliards, les produits alimentaires, 1,9 milliard, l’or brut, 1,7 milliard et le ciment, 1,3 milliard». Concernant les exportations de produits alimentaires, précise la Dpee, «la baisse notée est imputable, en particulier, aux ventes de légumes frais qui ont connu un repli de 1 milliard. En revanche, les ventes à l’étranger de produits arachidiers se sont inscrites légèrement en hausse de 0,3 milliard sur la période. Par contre, en glissement annuel, les exportations de biens ont enregistré une hausse de 12,6 milliards. Cette augmentation traduit, notamment, l’évolution positive des ventes à l’étranger des produits alimentaires de 5,2 milliards et d’or brut de 3,2 milliards. La hausse des exportations de produits alimentaires est attribuable aux produits halieutiques de 4,4 milliards et arachidiers, 1 milliard». En revanche, note le document, «les exportations d’acide phosphorique, de produits pétroliers et de ciment ont respectivement baissé de 4,4 milliards, 2,3 milliards et 1,4 milliard sur la période. En cumul sur les six premiers mois de 2017, les exportations de biens ont connu une hausse de 62,6 milliards, sous l’effet, notamment, de la hausse des ventes à l’étranger de produits pétroliers de 13,7 milliards, de ciment, 11,9 milliards, d’or brut, 7,2 milliards et d’engrais minéraux et chimiques, 6,8 milliards de francs Cfa. A l’inverse, les exportations de produits alimentaires et d’acide phosphorique se sont repliées, respectivement, de 17 milliards et 19,6 milliards. Au niveau des produits alimentaires, le recul est, essentiellement, imputable aux produits arachidiers de 28,9 milliards».
Hausse de 7,3% des exportations vers l’Uemoa
S’agissant des exportations du Sénégal vers l’Uemoa, relèvent les collaborateurs de Dr Moustapha Sène, patron de la Dpee, «elles sont estimées à 43 milliards de francs Cfa au mois de juin 2017 contre 40 milliards le mois précédent, soit une hausse de 7,3% (3 milliards). Elles ont, ainsi, représenté 32,6% de la valeur totale des exportations de marchandises au titre du mois de juin 2017 contre 26,7% un mois auparavant, soit une progression de 5,9 points de pourcentage. La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 52,2% à 54,2% sur la période, soit un gain de 2 points de pourcentage. Le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 34,4 % contre 43,3% au mois de mai 2017».
Importations en hausse
Concernant les importations de biens, elles ont enregistré une hausse de 20,4 milliards, en variation mensuelle, s’établissant à 335,9 milliards au mois de juin 2017 contre 315,6 milliards le mois précédent, indique la Dpee. Cette progression, assure-t-elle, est imputable, essentiellement, à l’augmentation des achats à l’étranger de produits pétroliers de 23,8 milliards et de «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles», 3,5 milliards. A en croire ces économistes, «la hausse des importations de produits pétroliers traduit le renforcement des achats d’huiles brutes de pétrole de 19,2 milliards conjugué à la hausse, dans une moindre mesure, des importations de produits pétroliers raffinés de 4,5 milliards». Cette tendance haussière a été, néanmoins, amoindrie par la contraction des importations de produits alimentaires de 9,3 milliards, sous l’effet, notamment, des achats de riz, 9,3 milliards et «d’huiles et graisses animales et végétales» 4,5 milliards. Par ailleurs, les importations de «machines, appareils et moteurs» se sont repliées de 7 milliards sur la période.
En glissement annuel, les importations de biens se sont accrues de 24,2%, du fait, notamment, de l’accroissement des achats à l’étranger de produits pétroliers de 34,9 milliards, de «machines, appareils et moteurs» de 10,5 milliards et de produits alimentaires, 3,7 milliards. S’agissant des importations de produits pétroliers, la hausse observée en glissement annuel traduit, principalement, la progression des achats d’huiles brutes de pétroles estimée à 34,1 milliards.
Sur les six premiers mois de l’année 2017, les importations de biens se sont confortées de 304,7 milliards. Cette hausse reflète la progression de la valeur des principaux produits importés, notamment les produits pétroliers de 103,1 milliards, les «machines, appareils et moteurs», 59,9 milliards, les produits alimentaires, 30,1 milliards, les «véhicules, matériels de transport et pièces détachées automobiles», 27,5 milliards et les produits pharmaceutiques, 6 milliards.
Importations en provenance des pays de l’Uemoa confortées de
0,7 milliard
Concernant les importations de biens en provenance des pays de l’Uemoa, elles sont évaluées à 5,1 milliards au mois de juin 2017 contre 4,4 milliards le mois précédent, soit une hausse de 0,7 milliard. Elles ont, ainsi, représenté 1,5% de la valeur totale des importations de biens au mois de juin 2017 contre 1,4% un mois auparavant. La Côte d’Ivoire demeure le principal fournisseur du Sénégal au sein de la zone, avec une part évaluée à 94,9% en juin 2017 contre 95,2% le mois précédent, soit un recul de 0,3 point de pourcentage. Les achats en provenance de ce pays ont principalement porté sur les «fruits et légumes comestibles», les «matières plastiques artificielles» et les «bois et ouvrages», avec des parts respectives de 9,4%, 9,1% et 8,2%.
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