Le Covid-19 a contraint les autorités à mettre en place un nouveau modèle d’enseignement dans l’urgence. Après un an de pandémie, le ministère de l’Education nationale a capitalisé les acquis liés à l’enseignement virtuel, devenu une alternative. Le Projet pour le développement du télé-enseignement (Promet) a été lancé samedi par le ministre de l’Education nationale, qui a insisté sur les résultats attendus et les axes stratégiques de sa phase de redéploiement aux différents niveaux d’enseignement-apprentissage en tenant compte des principes d’équité et d’équilibre liés entre autres aux vulnérabilités individuelles et territoriales. «Le Promet est un instrument de déploiement sectoriel du Plan de résilience économique et sociale qui a permis au ministère de l’Education nationale d’assurer la continuité pédagogique, suite à la décision du gouvernement du Sénégal de suspendre les enseignements apprentissages en mars 2020 pour éviter la propagation du coronavirus en milieu scolaire. L’initiative «Apprendre à la maison» a permis les réaménagements administratifs et pédagogiques à même de produire, valider et dispenser les ressources nécessaires à l’enseignement à distance et de contribuer significativement à l’amélioration des résultats aux différents examens scolaires», rappelle Mamadou Talla. Il lie les résultats inédits aux derniers examens de fin d’année à cette stratégie avec le recours aux mass-médias, aux plateformes en ligne comme Tectal, Senre­sources, Senprof et la chaîne Canal Education. Il y a eu 48,22% au Baccalauréat, 74,51% au Brevet de fin d’études mo­yennes et 72,04% au Certificat de fin d’études élémentaires.
Plusieurs objectifs sont assignés à travers l’initiative du télé-enseignement, notamment l’utilisation efficiente par les apprenants des plateformes éducatives numériques, l’intégration du télé-enseignement dans les pratiques pédagogiques courantes. «Au-delà d’une réponse circonstancielle capitalisée face à la pandémie, le projet se veut un cadre privilégié du réaménagement de l’espace-temps en matière d’éducation et de formation et un puissant levier de conduite du changement pour le développement du numérique éducatif», espère Nafissatou Gassa­ma, coordonnatrice du Promet.
Aujourd’hui, le succès du télé-enseignement dépend de la possibilité du matériel informatique et d’une connectivité pour le redéploiement à grande échelle. «L’aménagement du numérique à travers les 45 départements sera renforcé. Aujourd’hui, avec l’Adie, nous allons travailler à connecter l’ensemble des Inspections d’académie et Inspections de l’éducation et de la formation pour qu’au niveau des lycées et collèges la connexion soit disponible», promet Yankhoba Diattara, ministre de l’Econo­mie numérique et des télécommunications. Cette promesse constitue une note d’espoir pour le ministre de l’Education nationale. «J’invite tous les acteurs et partenaires du système éducatif à se mobiliser au­tour de Promet, à travers des investissements innovants et synergiques, pour faire du télé-enseignement un creuset d’excellence académique, con­tributif à l’émergence de la Nation», avance Mamadou Talla qui a remis des tablettes à certains établissements scolaires.
Par Badé SECK – bseck@lequotidien.sn