A la faveur d’une cérémonie de remise de lunettes de correction à ses membres et à des élèves organisée par sa section féminine, le Sels/A (Syndicat des enseignants libres du Séné­gal/Authentique) a émis de sérieuses réserves quant la poursuite de l’accalmie notée dans le secteur éducatif après la signature du protocole d’accord entre l’Etat et les syndicats de l’enseignement. Abdou Faty, le Secrétaire général du Sels/A, a noté, lors de la rencontre, une gestion en solo du gouvernement pouvant à nouveau ouvrir les hostilités. «Le Premier ministre avait donné des instructions fermes dans le cadre de la matérialisation de tous les accords pour qu’on puisse gérer  ensemble. Hier, à notre grande surprise, nous avons constaté   à travers la presse, une publication du ministère de l’Education nationale par rapport aux passerelles professionnelles», s’est inquiété le syndicaliste qui n’a pas manqué de crier au scandale.  «C’est inadmissible ! Ces passerelles, on l’a tous constaté, ce sont des miettes. Sur le principe nous sommes d’accord mais sur la forme il n’y a pas eu de concertation ; ce que nous dénonçons», a-t-il poursuivi.
Mieux que de se limiter à la dénonciation, le Sels/A, par la voix de son Secrétaire général, compte s’en ouvrir au Premier ministre et même se donner le droit d’ester en justice le gouvernement. «Nous allons interpeller le premier ministre qui est garant de cela et, s’il ne réagit pas, voir avec nos juristes comment attaquer le protocole d’accord pour que ça soit caduc et non avenu parce qu’en réalité quelque part ils nous ont caché des choses avant de signer le protocole d’accord», avisé le membre du G5.
Le son de cloche est tout autre du côté du Réseau des enseignants républicains qui a tenu le même jour un point de presse. «Notre structure suit avec attention l’état d’avancement des engagements de l’Etat. Ainsi nous nous félicitons de voir que beaucoup de points ont connu satisfaction», a souligné Ameth Suzanne Camara, Secré­taire général adjoint du réseau. Il a à ce titre cité en exemple  la création du guichet unique, la poursuite du paiement des rappels d’intégration, l’organisation du concours pour les passerelles professionnelles … Sur la question des passerelles qui demeure la source principale des inquiétudes du Sels/A, Abdoulaye Sou­maré Ndao a émis un avis tout autre. «Au sujet des passerelles professionnelles, les syndicalistes disent que le nombre pris qui est de 10 est minime mais il faut savoir que c’est en fonction des besoins. C’est par exemple comme pour l’entrée en 6ème ; l’Etat prend en fonction des places disponibles», a-t-il avisé. «Le focus a été mis sur les enseignants des filières scientifiques. C’est ça le problème qu’ils soulèvent mais ce n’est pas parce que les accords n’ont pas été respectés», a enchaîné le membre du Bureau national. Ameth Suzanne Camara a mis les contestations des syndicalistes au sujet des passerelles dans une logique syndicale  et a manifesté son optimisme pour «une prochaine année scolaire apaisée».
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