Elections locales à Kolda : Politiques et Société civile dégagent le portrait du futur élu local

Dans les régions de Kolda et de Sédhiou ciblées pour la phase-test de l’acte III de la décentralisation, les populations, particulièrement les jeunes, ont toujours décrié la gestion des collectivités territoriales par les maires et les présidents de Conseil départemental. Il est souvent reproché à ces derniers leur manque de vision du développement territorial mais surtout leur éloignement des réalités locales. Face à ces états de fait, le Casades a saisi la balle au rebond pour engager la réflexion autour du futur élu local afin d’amoindrir les frustrations des populations dans la gestion des collectivités locales. Le Comité d’appui et de soutien au développement économique et social (Casades) et son partenaire, La fondation Konrad Adenauer, ont donné la parole aux populations. Ce sont les politiques et la Société civile qui harmonisent et mettent en place, à l’image d’une charte, le portrait-robot de l’élu local. Ce dernier doit avoir un ancrage dans le milieu, étant entendu qu’il doit être imprégné des valeurs, us et coutumes de sa population locale envers qui il doit forcément avoir une connaissance parfaite des besoins. Selon la Société civile et les politiques, le prochain élu doit être d’une bonne moralité et d’une capacité à servir l’intérêt général et non l’intérêt personnel. Même si le futur élu doit avoir beaucoup de connaissances des règles de la décentralisation, il est invité à maîtriser la fonction de maire ou de président de Conseil départemental. Mieux, sa socialisation politique doit se manifester par son engagement dans la vie politique locale et dans la gestion des affaires publiques au profit de l’Etat et des populations locales.
D’ailleurs, dans ces régions de Kolda et Sédhiou, avec la récente revalorisation du statut de maire et de président de Conseil départemental, la gestion des collectivités territoriales est détenue pour la plupart par des personnes membres de partis politiques qui, selon la Société civile, «ne sont pas suffisamment formées pour mieux prendre en charge les compétences transférées aux collectivités territoriales». Au cours de cette rencontre de deux jours sous la houlette du Casades, ces différents acteurs n’ont pas manqué d’évoquer la faible participation des populations au contrôle de l’action publique et même la participation citoyenne au développement local et national. «La participation citoyenne est une affaire de tous pour assurer le développement de nos terroirs», a déclaré Seydou Wane, secrétaire exécutif de l’Ong Fodde.
Ce forum sur la problématique de la gouvernance des collectivités territoriales était aussi une tribune pour les différents participants venus des différents départements et communes des régions de Kolda et Sédhiou, de soulever quelques impairs de l’acte III de la décentralisation avec aujourd’hui des communes qui étouffent sans aucune mesure d’extension du périmètre. Après ce portrait synonyme de critères d’élection d’un élu local, place à des stratégies de plaidoyer et de sensibilisation des individus surtout électeurs pour prendre en compte les conclusions de cette rencontre dans le choix des hommes et femmes à élire. Et déjà, Mme Gnagna Fall Ba ancienne conseillère municipale, a appelé à la responsabilité des militantes et militants électeurs de faire preuve de maturité au profit de l’intérêt général contre les vendeurs d’illusions qui ne sont nullement aptes à diriger quoi que se soit.
A voir de très près, la bataille est lancée contre des électeurs qui souvent votent par affection. L’heure est donc d’enclencher des réflexion profondes en directions des citoyennes et citoyens particulièrement les électeurs pour une meilleure compréhension des enjeux liés aux choix des futurs dirigeants des collectivités locales dans ces deux régions où on note souvent des problèmes et querelles entre populations et élus dans la gestion des affaires de tous.
Par Aladji BADJILANG – ehcoly@lequotidien.sn