Une nouvelle Convention entre l’Etat et les employeurs va voir le jour. Du moins, elle est en cours d’élaboration. La nouvelle convention va essayer de combler le manque de l’ancienne version pour épouser l’Agenda Sénégal 2050.Par Malick GAYE – 

«Créer une plateforme accessible aux demandeurs d’emplois et aux entreprises, mettre un comité de suivi pour le remboursement salarial, ouvrir la convention aux syndicats et à l’organisation patronale pour son attractivité, mettre des incitations fiscales pour attirer les grandes entreprises.» Voilà, entre autres, les recommandations faites au comité de pilotage du projet d’Amélioration du dispositif d’insertion des jeunes, des femmes et des hommes et de formalisation des entreprises (Adijefe). L’objectif est de modifier la Convention Etat-employeur et le statut entrepreneurial. Si pour l’heure, aucun engagement n’est pris, dans les semaines qui viennent, un projet de loi devant redessiner les deux points cités plus haut devrait voir le jour. Et c’est le secteur de l’artisanat qui va accueillir le premier projet pilote. «Le projet Adijefe intervient comme une réponse stratégique aux enjeux structurels du marché du travail. Son objectif est clair : créer des emplois décents et améliorer l’insertion professionnelle des jeunes, des femmes et des hommes», a déclaré Abass Fall, le ministre du Travail, qui a présidé la réunion du comité de pilotage dudit projet. «Nous accordons une attention particulière au secteur de l’artisanat, qui contribue pour près de 12% à la production nationale et absorbe entre 30 et 60% de la main-d’œuvre. A ce titre, un programme pilote ciblant les artisans sera mis en place pour tester et affiner le dispositif», a déclaré Samira Daoud. La directrice du Bureau international du travail (Bit) a ajouté ceci : «Nous allons faire de la Convention nationale Etat-employeur un véritable levier pour une meilleure employabilité et une insertion socioprofessionnelle des jeunes hommes et femmes. L’autre levier concerne l’opérationnalisation du statut de l’entreprenant pour stimuler l’entrepreneuriat et la promotion du travail décent pour les jeunes.»

Lancé en 2023, le projet Adjijefe est financé par l’Agence italienne pour la coopération au développement (Aics) et mis en œuvre par le Bureau international du travail (Bit).

Cela permettra, à terme, d’inverser la courbe des «données récentes du quatrième trimestre de 2024, qui montrent un taux de chômage de 20, 3% des personnes âgées de 15 ans (…) Les jeunes Ni en emploi, ni en éducation, ni en formation (Neet), qui représentent 34, 1% de cette tranche d’âge, sont les plus touchés par le chômage», a expliqué Abass Fall.

Interpellé sur la politique d’emploi du régime, Abass Fall a reconnu qu’il n’y en avait pas. «Le président de la République a demandé d’accélérer l’élaboration de la politique d’emploi (…) qui n’a jamais existé au Sénégal.»
mgaye@lequotidien.sn