Expert à Fiba-Afrique, Claude Constantino analyse la prestation des Lions qui ont fait carton plein lors des matchs de poule à Dakar. L’ancien coach du Cap-Vert est aussi revenu sur les retrouvailles entre le Sénégal et l’Angola, ce jeudi à Tunis en quart de finale de l’Afrobasket 2017.
Quel bilan tirez-vous des trois matchs des Lions qui ont réalisé un parcours sans faute avec trois victoires en autant de sorties ?
Je pense que le Sénégal a une très bonne équipe aussi bien physiquement que techniquement. Ils ont de très bons joueurs, de très bons lanceurs à trois points. Une spécialité qui nous manquait beaucoup. Sur le plan collectif aussi, je pense que l’esprit est bon. C’est le basket moderne et ils le font très bien. A mon avis, je pense que le bilan du Sénégal est bon. Maintenant en principe et au vu des matchs ici à Dakar, le Sénégal part favori.
Est-ce qu’il ne faut pas relativiser par rapport à l’euphorie des matchs à domicile ou encore la qualité des adversaires ?
Je ne le pense pas. Je crois que les gens ont pris conscience que le Sénégal a toujours eu de très bons joueurs, de très bonnes équipes. Le problème se trouve au niveau des joueurs qui se lâchent trop vite. On a vu contre l’Egypte au quatrième quart temps, dès que le match est facile, on lâche. Contre le Mozambique, au moins ça a été un peu mieux. Je crois sincèrement qu’on a une bonne équipe.
Est-ce que l’absence du public à Tunis sera un handicap pour les Lions ?
Non du tout. A Tunis, ce qu’il faudrait, c’est qu’ils jouent comme ils ont joué ici. A mon avis, s’ils jouent de la même manière qu’ils ont joué à Dakar, je crois qu’ils doivent pouvoir gagner l’Afrobasket. Sans ou avec public, les Lions doivent pouvoir gagner. Le problème est qu’ils prennent juste conscience qu’ils peuvent gagner. Ils ne doivent pas se lâcher en se disant que les équipes sont faibles. Parce que d’après les résultats que je vois, les deux poules d’ici sont beaucoup plus fortes que les deux poules de Tunis. Quand on voit la Rd Congo battre le Nigeria et le Mali dominer la Côte d’Ivoire, cela s’explique. Je pense que le niveau à Tunis n’est pas très bon.
Est-ce qu’on peut penser que le principal adversaire du Sénégal, ce sera la Tunisie ?
Je vois une finale entre le Sénégal et la Tunisie. Et avec les Tunisiens, il faut jouer de la même façon que contre l’Egypte, avec un jeu physique. Les Arabes n’aiment pas le basket physique. Si tu leur imposes un basket physique, ils patinent. Il faut jouer technique, mais physique en même temps. Je crois que le Sénégal doit pouvoir gagner même face à la Tunisie.
Et comment avez-vous trouvé l’Angola qui sera l’adversaire des Lions en quart ce jeudi ?
Je ne reconnais pas du tout l’Angola. J’ai parlé avec quelques Angolais, ils me disent que c’est un problème de coaching. Mais il faut toujours se méfier des Angolais parce que ce sont des joueurs très expérimentés.
Et le Nigeria, champion d’Afrique ?
Il parait que le Nigeria n’a pas emmené une bonne équipe. Avec le Nigeria s’il n’y a pas les expatriés, il n’y a pas de basket.
Et quelle est l’équipe qui vous a le plus séduit ?
A part le Sénégal, disons l’Egypte et le Maroc.
Et l’Ouganda, malheureusement éliminé ?
L’Ouganda c’est l’euphorie. Une fois que tu leur imposes un basket organisé, ça passe. C’est surtout un basket très physique et c’est tout. Je répète, les meilleures équipes ont été le Sénégal, l’Egypte et le Maroc.
Et le niveau de l’arbitrage ?
Ah là, à ce niveau, il y a un problème. L’arbitrage est excessivement mauvais. J’ai vu deux matchs ici où on dirait vraiment des matchs de rugby. Il faudra beaucoup corriger à ce niveau. Je ne sais si c’est la même chose en Tunisie, mais ici à Dakar l’arbitrage a été mauvais.