Un film documentaire pour une meilleure prise en compte des récupérateurs de Mbeubeuss, c’est ce qu’a produit Rosalind Fredericks, professeure de géographie et d’études africaines à l’Université de New York aux Etats-Unis. La projection du film a eu lieu ce mercredi au Centre culturel français. Par Amadou MBODJI – 

 De l’ordure à l’or dur, c’est le titre du film documentaire réalisé par Rosalind Fre­dericks, professeure de géographie et d’études africaines à l’Université de New York aux Etats-Unis. Par son titre, le film renvoie à cette mine d’or que constituent les ordures et qui sont une source de revenus pour les récupérateurs de Mbeubeuss. La réalisatrice de ce film a braqué sa caméra sur la décharge de Mbeubeuss pour mieux faire connaître le travail de ces récupérateurs qui, au-delà du profit tiré des ordures, participent à l’équilibre de l’environnement. «Le film  documentaire vient à son heure. C’est un film qui permet de faire savoir ce que les récupérateurs représentent dans ce pays. Ça permet d’édifier ceux qui n’avaient aucune connaissance sur le travail de ces récupérateurs. Le regard négatif porté sur ces récupérateurs va changer une fois qu’on l’a regardé», estime Arona Niasse, président de l’Asso­ciation des récupérateurs de la décharge de Mbeubeuss et membre de l’Alliance internationale des récupérateurs. «Je mène des recherches sur le secteur du nettoiement à Dakar depuis 2016 et je fais des recherches à Mbeubeuss, sur le secteur informel, sur la récupération et le recyclage. Et c’est durant ma collaboration avec les récupérateurs qu’on a pensé à faire un film pour accéder à une plus grande audience, pour souligner les complexités de la situation de Mbeubeuss et sortir la valeur de la récupération, des récupérateurs et des recycleurs à Mbeubeuss», explique Mme Fredericks.

Selon elle, ce film procède aussi d’une volonté de conscientisation pour une prise en compte des intérêts des récupérateurs face à une nouvelle donne. «On a terminé le film, donc ça c’est une première étape. Maintenant, c’est vraiment la partie plaidoyer, pour accéder à une plus grande audience et pour essayer de changer l’avenir de Mbeubeuss. Changer la politique du projet qui est en train d’être déroulé à Mbeubeuss. Ça nous a pris à peu près trois ans, on a fait quelques tournages à Mbeubeuss, mais ça s’est construit sur la recherche que je menais en 2016», fait-elle savoir. Les récupérateurs de Mbeubeuss peuvent voir leur préoccupation véhiculée à travers ce film documentaire à un moment où ils craignent pour leur gagne-pain, menacé par un projet étatique de gestion des déchets mis en place depuis 2021 et qui prévoit la fermeture de la plus grande décharge du pays.
ambodji@lequotidien.sn