Chaque semaine, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) met à la disposition des banques commerciales de la zone entre 3 000 et 4 500 milliards de francs Cfa pour leur permettre de financer l’activité économique, a indiqué avanthier Bassambie Franck Bationo. Le directeur général de l’Economie et de la monnaie à la Bceao voulait ainsi faire un sort aux propos selon lesquels l’économie de la zone Cfa est faiblement financée.
La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) continue de contribuer significativement au financement de l’économie des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine. Pour preuve, chaque semaine, l’institut d’émission met à la disposition des banques commerciales entre 3 000 et 4 500 milliards de francs Cfa, afin de leur permettre de financer l’activité économique au sein de l’union, a déclaré le directeur général de l’Economie et de la monnaie qui intervenait avant hier au cours d’une rencontre avec des journalistes économiques, qui se tenait au siège de la banque.
Ainsi, expliquait M. Bassambie Franck Bationo, «ceux qui soutiennent que l’économie n’est pas financée, que les critères de l’économie sont faibles, c’est parce qu’ils s’attardent sur des données des années 60. Mais toutes les données récentes, notamment celles de 2011, 2012 jusqu’à 2018 montrent que notre union est au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne en termes de financement, avec les coûts les plus faibles. Aujourd’hui, le coût moyen du crédit au sein de l’union tourne autour de 6,92%.
Au Sénégal, il est encore plus bas. En effet, le coût moyen du crédit est de 6,38%». Il a également ajouté que les taux moyens de crédit dans les pays de la zone varient entre 5, 6 et 7%. «Il y a des entreprises qui bénéficient de crédits à un taux de 4%. En effet, le coût de crédit dépend aussi de la force de frappe et du montant que l’emprunteur veut mobiliser auprès des banques», a précisé le fonctionnaire international. Avant d’aborder le débat souvent posé sur le taux d’inflation. «On entend certains dire pourquoi on ne tolère pas un taux d’inflation de 12, 13, ou 14% qui permettrait d’avoir plus de croissance. Dans notre zone, après 60 ans d’exercice, le taux toléré est autour de 6, voire 7%. Quand nous commençons à dépasser 6 ou 7%, on a les gens dans la rue, des émeutes de la vie chère. Et une économie ne peut fonctionner avec des émeutes. Il faut un minimum de consensus pour bien fonctionner. Le peu d’acquis que nous avons perdus dans notre zone, c’est parce que le plus souvent, il n’y a pas eu de consensus et que nos pays ont été affectés par des troubles. Donc, la mission d’une banque centrale n’est pas d’en rajouter. C’est pour cela que notre objectif est de 3%. Si avec les performances de l’union on constate qu’on peut aller à 4 ou 5%, on ira à ce niveau», a soutenu M. Bationo.
dialigue@lequotidien.sn