L’innovation technologique dans le domaine de la santé ne doit pas mettre 15 à 20 ans pour arriver en Afrique, a soutenu, mercredi, Docteur Phillipe Duneton, directeur exécutif adjoint de Unitadi. «Notre objectif, c’est de travailler avec les pays pour que l’innovation technologique ne mette pas 15 à 20 ans avant d’arriver en Afrique. L’innovation peut arriver dans les trois ans, il n’y a pas moyen d’attendre», a dit M. Duneton.
Le directeur exécutif adjoint de l’Unitadi (organisation internationale chargée de faciliter l’accès aux médicaments du Sida, du paludisme, de la tuberculose et des hépatites dans le monde) s’exprimait dans un entretien avec l’Aps en marge du panel «accès universel aux médicaments et aux autres produits» au forum scientifique organisé au dernier jour du Forum Galien Afrique. «Ce sont des enjeux qu’Unitaid est en train de préparer. Beaucoup de choses ont été faites pour les trois maladies (Sida, Paludisme et tuberculose). On est en train de voir ce qui est possible de faire avec les autres maladies. On peut avoir une baisse de coûts, une augmentation de l’efficacité et un meilleur service pour les populations», a-t-il ajouté. «Nous essayons de connecter les solutions technologiques avec les besoins en médicaments des pays. Pour avoir des médicaments et produits de qualité, Il faut des financements international et domestique», a-t-il soutenu.
Selon lui, «il y a beaucoup d’innovations en Afrique qu’il faut capitaliser». Il a indiqué que l’Unitaid a par exemple financé «le développement de toutes les formulations pédiatriques qui n’existaient pas pour le Sida, la tuberculose ou le paludisme parce qu’en Afrique nous avons des enfants qui en ont besoin». «Personne n’avait développé cela dans les pays du Nord car il n’y avait pas d’enfants qui souffraient du paludisme et très peu d’enfants étaient exposés au Vih», a-t-il expliqué. «On fait également des médicaments trois en un pour que les personnes vivant avec le Vih puissent prendre un seul comprimé par jour. C’est une manière de simplifier le traitement», a-t-il relevé. D’après lui, «il y a un travail systématique de détection des besoins au niveau des pays et voir comment les technologies peuvent y répondre». Il a cité «l’exemple du paludisme avec l’introduction de l’artésunate injectable pour le traitement des formes sévères chez l’enfant et chez l’adulte». «C’est une simplification du traitement pour les soignants car on n’a pas plus besoin de surveiller de la même façon les malades sous quinine», a-t-il dit.
«C’est comme cela que la technologie peut apporter des plus pour le patient, le soignant et le système de santé. Plus loin, en imagerie, il y a des techniques nouvelles qui vont permettre avec de l’intelligence artificielle et de manière déconcentrée avec une petite sonde externe d’avoir les images sur son portable», a expliqué Dr Duneton. «La technologie permet de décentraliser l’information, la qualité des soins et d’avoir des réseaux partout dans les pays. Si on met tout cela en réseau, les gens peuvent bénéficier d’une qualité des soins supérieure», a-t-il soutenu.