Les électeurs français ont réédité hier l’affiche du second tour de la Présidentielle de 2017, en plaçant au second tour Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le Président sortant et candidat à sa propre succession arrive en tête avec 28,5% des suffrages, tandis que Marine Le Pen occupe la 2ème place avec 23,6%, à l’issue du scrutin du 1er tour qui a enregistré un important taux d’abstention de 25%.Par Mamadou T. DIATTA

– Bis repetita ! En France, le Président sortant et candidat à sa propre succession est sorti hier vainqueur du premier tour de la Présidentielle. Emmanuel Macron, qui a progressé de quatre points par rapport au scrutin présidentiel de 2017, a en effet obtenu, pour celui de 2022, un taux de 28,5% des suffrages valablement exprimés. Le score du Président sortant est plus élevé que celui annoncé lors de la campagne par les instituts de sondage. Macron devance donc la candidate du Rassemblement national (Rn), Marine Le Pen, qui est créditée de 23,6% des votes. Cette dernière a aussi progressé par rapport à son score du premier tour à l’élection présidentielle de 2017, au cours duquel elle avait obtenu 21,3% des suffrages. Alors que le candidat de la France insoumise, Jean Luc Mélenchon, se classe en troisième position (20,1%) d’un scrutin pour lequel les instituts de sondage avaient prédit un fort taux d’abstention. Celui-ci est estimé à 25 %, soit un niveau plus important qu’en 2017 (22,23 %), mais qui n’atteint pas le record de 2002, 28,4 %.
Le face à face du second tour de la Présidentielle française reste donc le même que celui d’il y a 5 ans. Cette étape de l’élection risque d’être compliquée pour Emmanuel Macron qui doit affronter une Marine Le Pen beaucoup moins clivante, d’après Libération.
Invitant ses concitoyens à le rejoindre, Emmanuel Macron a déclaré que «rien n’est joué». Tout un suspense puisqu’une probable victoire de la candidate du Rn, Marine Le Pen, n’est pas à écarter. «Votre confiance m’honore, m’oblige et m’engage. Je souhaite tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France», a lancé le candidat sortant à l’attention de ses compatriotes. Certains n’ont pas hésité à parler du «paradoxe» Macron, puisqu’il est entré dans la campagne électorale «fatigué et sans conviction».
Plusieurs interrogations se posent par rapport aux reports de voix des candidats non qualifiés pour le second tour.
Ces questionnements con-cernent la posture des électeurs de l’écologiste Yannick Jadot (environ 5%), du communiste Fabien Roussel (autour de 3%) ou encore de Anne Hidalgo.
Quant à la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, elle devrait compter sur les voix du polémiste d’Extrême droite, Eric Zemmour, qui a marqué la campagne, pour finir par obtenir ce dimanche, presque 7% des voix.
La majorité des candidats ont commencé à donner des consignes de vote pour le second tour. Valérie Pécresse, qui n’était pas pour cette pratique, a déclaré hier : «Je voterai en conscience Emmanuel Macron, pour éviter l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et le chaos qui en résulterait.» La candidate malheureuse de la Droite ne s’est pas empêchée de faire dans la précision : «Je demande aux électrices et électeurs qui m’ont fait confiance, de bien peser les conséquences de tout choix différent du mien.»
La position de Pécresse avant le scrutin était la même que celle du candidat de la France insoumise. Avant que Jean Luc Mélenchon ne vienne demander hier à ses compatriotes : «Vous ne devez pas donner une seule voix à Mme Le Pen.» Un appel qu’il a par la suite répété quatre fois, pour être sûr que le message passe. «Il ne faut pas donner une seule voix à Mme Le Pen», finira ainsi par dire Mélenchon.
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