La migration regorge d’opportunités qui sont souvent occultées par les drames. Sous la houlette du Groupe d’études et de recherches sur les migrations (Germ), les experts du secteur ont soumis des recommandations. Par Justin GOMIS –

La migration est souvent vue par beaucoup, de par son caractère irrégulier avec son lot de drames, comme quelque chose de négatif. Pour le Groupe d’études et de recherches sur les migrations (Germ), il faut insister sur les opportunités, en organisant une rencontre de haut niveau sur «La gouvernance des migrations sénégalaises sous le prisme d’une politique de souveraineté». «Nous avons mobilisé des acteurs de profils différents, des journalistes, des chercheurs enseignants, des diplomates et des agents de l’Etat, pour ensemble réfléchir sur la question de l’émigration», indique Aly Tandian, sociologue, professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis et directeur du Laboratoire des études et recherches sur le genre, l’environnement, la religion et les migrations.

«Il s’agit d’interroger la migration autrement. Quand on parle de questions de migration, on pense automatiquement à la migration irrégulière. Cependant, nous avons une approche très différente. Pour nous, la migration est une opportunité. En tant qu’équipe de recherche et en partenariat avec Konrad Adenauer, nous essayons de voir comment il serait possible de mobiliser des ressources et les mettre à la disposition des politiques afin qu’elles puissent comprendre également que la migration est une opportunité et voir comment le Sénégal aujourd’hui peut parler de cette migration très mal connue, comment elle touche les femmes et les enfants. Mais également donner l’opportunité à ce gouvernement qui vient d’arriver, aux députés, d’avoir assez de ressources pour pouvoir analyser, mais aussi répondre aux besoins de ces populations, les personnes qui sont sur les routes migratoires ou qui souhaitent voyager, et celles qui souhaitent rentrer définitivement dans leur pays d’origine», détaille Pr Aly Tandian. Selon lui, la «migration ne se limite pas seulement aux transferts d’argent ; c’est autre chose. Les diasporas peuvent être très utiles dans le fonctionnement des Etats au niveau des hôpitaux, de l’épargne, de l’assurance», cite-t-il, tout en soulignant que «beaucoup d’acteurs sénégalais évoluant dans ces questions et qui sont à l’étranger auraient pu être utiles à nos Etats».

Malheureusement, le discours sur la migration est très masculin au Sénégal. «On prend rarement en compte la situation de la migration des femmes et celle des enfants», dit M. Tandian. Les acteurs veulent créer un cadre qui va servir tout le monde, surtout les autorités politiques afin qu’elles puissent prendre des décisions qui vont aider à résoudre la question de la migration qui a causé des tragédies humaines, des pertes en vie et le désespoir de la jeunesse. «Au terme de cette rencontre, il y aura des recommandations pour les autorités gouvernementales et sur comment négocier avec les pays d’accueil», confie Corine Hotmann, représentante-résidente de la Fondation Konrad Adenauer pour le Sénégal et la Gambie.
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