Pour le consumériste en chef, les différentes baisses intervenues dans les prix de certains produits, devraient plutôt contribuer à faire baisser les prix du ciment que le contraire.

Momar Ndao ne peut comprendre les motifs qui ont poussé les cimentiers à augmenter le prix du ciment. Pour le président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), la baisse sur l’électricité, sur le carburant et sur d’autres intrants, impacte positivement les intrants utilisés par les cimenteries. «Nous devons dénoncer avec la plus forte énergie cette augmentation qui ne se justifierait pas», a soutenu Momar Ndao. Il pense que le ciment n’est plus une denrée de luxe, mais plutôt un produit central dans l’économie sénégalaise.
Par ailleurs, note-t-il, le Sénégal est en train de construire une ville nouvelle à Diamniadio, ce qu’il est rare de voir dans un pays. «Un aussi gros marché, ce sont des milliers et des milliers de tonnes de ciment. En plus, il y a dans chaque quartier des dizaines et des dizaines de chantiers», fait observé Momar Ndao, pour qui tout cela devrait avoir un effet positif sur les revenus des producteurs de ciment.
L’Etat a pris avant-hier un arrêté pour bloquer le prix du ciment et a engagé des discussions autour de cette question avec les acteurs. «Pratique­ment depuis neuf mois, nous connaissons des variations de prix, les interventions de l’Etat et il est aujourd’hui important d’examiner cette situation et s’accorder sur la stabilité du prix du ciment qui est un produit très stratégique», a soutenu Ousmane Mbaye, le directeur du Commerce intérieur. Il a déclaré que l’Etat est soucieux de l’accesibilité de ce produit aux consommateurs mais aussi à l’équilibre des entreprises qui le produisent. La forte demande à l’exportation nécessite pour lui de trouver une formule qui puisse assurer la disponibilité du ciment.