La loi portant statut de la Zone franche industrielle de Dakar (Zifd) a expiré depuis le 31 décembre 2016. Les concertations qui ont eu lieu par la suite ont abouti à un consensus. Seulement, depuis trois mois, 7 entreprises attendent que le ministre de l’Economie, des finances et du plan appose sa signature sur ces mesures. Les syndicats réunis en collectif comptent tenir un sit-in aujourd’hui afin de préserver 16 mille emplois menacés.
La loi n° 74-06 du 22 avril 1974, portant statut de la Zone franche industrielle de Dakar (Zifd), a expiré depuis le 31 décembre 2016. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Selon le Collectif des syndicats des travailleurs de la Zfid, 7 entreprises risquent de fermer leurs portes et de mettre au chômage près de 16 mille travailleurs. C’est pour éviter que cela n’arrive que les travailleurs de ces entreprises qui se sont constitués en collectif ont décidé de lancer un mouvement de protestation à compter de ce lundi 24 juillet. Joint par téléphone, Maodo Malick Guèye informe qu’un sit-in sera tenu aujourd’hui devant les locaux de l’Agence pour la promotion des investissements (Apix) sise à la Zone franche. En faisant la genèse de l’affaire, les travailleurs indexent la lenteur des services du ministère de l’Economie, des finances et du plan. En effet, explique M. Guèye, «en date du 30 décembre 2016, comme la loi les y invitait, les 7 sociétés de la Zone franche industrielle de Dakar concernées ont chacune adressé des correspondances au ministre de l’Economie, des finances et du plan pour solliciter la prolongation des avantages liés à cette loi jusqu’en 2021, au même titre que les entreprises franches d’exportation d’avant 2013, avec comme principal avantage, une exonération de la Tva». Suite à cette correspondance, «le Premier ministre, saisi de la question, avait par lettre n° 772 du 17 mars 2017 émis le souhait de mettre les entreprises de la Zfid en cohérence avec la nouvelle loi sur les Zones économiques spéciales, permettant de préserver les acquis et la performance de nos entreprises sur nos marchés d’exportation». C’est ainsi que des concertations ont eu lieu avec les techniciens du ministère de l’Economie, des finances et du plan et ont abouti à un consensus. «Le ministre de l’Economie, des finances et du plan a convié les différentes parties concernées à des discussions sous l’égide de son secrétaire général, en présence de ses conseillers techniques et des représentants des Impôts et domaines, de la douane et de l’Aprosi. Ces discussions ont abouti à un compromis qui satisfaisait et préservait les intérêts de toutes les parties et qui devrait être soumis à la signature du ministre de l’Economie, des finances et du plan», indiquent les syndicalistes. Seulement, «trois mois après, nos entreprises n’ont reçu aucune réponse officielle venant de ce dernier. Cet état de fait bloque toutes nos importations et exportations et a mis en chômage technique plus de 1 500 travailleurs», notent les syndicalistes de la Zone franche. Aujourd’hui, ils disent craindre d’être ramenés dans un système de droit commun ; ce que leur patronat ne peut supporter. «Il faut qu’ils nous casent quelque part», plaide M. Guèye, tout en mettant en garde les autorités sur le poids économique des entreprises évoluant dans cette zone. Ces entreprises dont Nina, Seneport, Senta ou Pfizer bénéficient d’avantages en contrepartie de l’exportation de 80% de leur production. «Ce qui contribue pour plus de 100 milliards de francs Cfa à l’équilibre de la balance commerciale du pays», note M. Guèye.
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