Khadidiatou Sow représente le Sénégal, dans la catégorie fiction au Clap Ivoire. Ce petit profil dévoile la passion de Khadidiatou Sow, pour le cinéma, ses motivations et attentes pour le clap Ivoire, ses ambitions, ses liens avec Cinekap !
Khadidiatou à 6 ans, 7 ans, 8 ans ou 12 ans, assise devant le petit écran, regarde des dessins animés. Devenu aujourd’hui adulte, celle qui est devenue réalisatrice raconte que c’était son passe-temps favori. «J’ai toujours aimé et j’ai toujours rêvé de faire du cinéma. Déjà depuis toute petite, je passais mes journées à regarder á la télé des dessins animés quand je n’allais pas à l’école.» Pourtant elle a fait sa formation en art plastique et se disait que c’était perdu, qu’il n’était plus possible pour elle de faire carrière dans le milieu du cinéma. Mais par le coup du destin, Khadidiatou Sow a rencontré un cousin par alliance nommé Pape Mbodji. Ce dernier étant régisseur général sur un film français, lui avait donné l’opportunité d’être sur un plateau. Elle a ainsi flirté pour la toute première fois avec le plateau, en tant qu’assistante maquilleuse. Cela a fait ressurgir en elle, sa passion pour le cinéma, la réalisation. Elle s’est alors donné les moyens de vivre pleinement sa passion, en passant des concours et effectuant des formations dans ce domaine.
Aujourd’hui Khadidiatou a déjà réalisé quelques courts métrages dont le tout dernier, Une place dans l’avion, a été sélectionné pour le Clap Ivoire 2017. C’est pour elle, une grande satisfaction. Dans son film, Une place dans l’avion, la réalisatrice narre l’histoire de Moussa : un père de famille qui a toujours rêvé de voyager. Ce dernier entend un jour à la radio qu’il y a un avion à l’aéroport et que toute personne désireuse de voyager peut le prendre sans visa, ni formalité aucune. C’est donc une aubaine pour Moussa. Mais dès qu’il sort, il remarque que tout le quartier court vers l’avion. «C’est ma première fois de participer au Clap Ivoire et je suis très contente d’être là», a-t-elle dit magnifiant l‘initiative de ce festival qui promeut les jeunes réalisateurs ressortissants de l’espace Uemoa en montrant leurs productions cinématographiques. C’est d’ailleurs, révèle-t-elle, l’une de ses principales sources de motivation. «Ce qui me motive à déposer mon œuvre à un festival en Afrique, c’est de pouvoir montrer mes films dans le continent. Je raconte l’histoire de l’Afrique. Je trouve donc bien que le public africain puisse voir la vision qu’on a tous du continent», dit-elle.
Une pépite du cinéma
A travers sa fiction, la Sénégalaise aborde en réalité, la question de l’émigration, l’envie de partir qui tenaille certains Africains, et montre ce qui se passe avant le voyage. Ce qui passe dans la tête des gens, ce rêve, cette illusion. «Les gens prennent l’Occident pour l’Eldorado, ce qui les pousse parfois à prendre les pirogues, même au péril de leur vie, alors qu’ils ne sont même pas sûrs de ce qu’ils vont trouver de l’autre côté. J’avais envie de montrer dans ce film qu’il arrive des fois qu’on ne prenne pas conscience de ce qu’on a. On veut autre chose, alors que peut-être on vivait mieux avant», déclare-t-elle, contente de trouver dans le cinéma un moyen de s’exprimer tout comme elle le faisait avec ses toiles. «Le cinéma c’est de l’art, c’est un support pour nous exprimer. C’est comme la peinture où tu as ta toile, nous on a les caméras et tout ce qui va avec. Les ainés Mambety comme Ousmane Sembène ont posé de grands jalons de notre cinéma et nous ont donné envie de faire du cinéma», dit-elle. Soutenue par la maison de production sénégalaise le Cinékap (La structure qui a aussi produit Félicité de Alain Gomis) et par le Fopica, la réalisatrice se réjouit de cela. «Je vois beaucoup de motivation pour la jeune génération même avant les fonds et encore plus maintenant que nous les avons. La jeunesse sénégalaise a beaucoup à dire. Et ça tombe bien, nous avons maintenant des fonds pour cela. On va dire ce qu’on a dire», affirme-t-elle, avec l’espoir de faire résonner sa voie dans toute l’Afrique.