Le secteur privé national interpelle les acteurs politiques

Finalement, la situation sociale et politique est suffisamment grave pour que toutes les nombreuses structures d’employeurs que compte le pays, se mettent ensemble pour signer un document commun qui prend en charge leurs préoccupations sur la situation du pays et les conséquences que cela peut avoir sur le monde de l’économie et la vie des habitants.Par Dieynaba KANE –
Les réactions suite au report de la Présidentielle ne cessent de provenir de toutes les couches de la société. La situation est si inquiétante que des organisations du secteur privé, dans leur grande diversité (Cciad, Cnp, Mdes, Unacois Jappo, Unacois Yessal, Ges, Cdes, Cnes, Cis), ont dépassé leurs clivages pour se réunir hier et condamner «toute violence à même de compromettre la cohésion sociale et la solidarité nationale». Dans un document rendu public ce même jour, lesdites organisations ont insisté sur la «nécessité de préserver les investissements privés et l’activité économique». Elles ont aussi tenu à préciser «que la violence, la haine de soi et l’intolérance ne sauraient constituer le socle de valeurs socio-culturelles de notre société».
Les membres de ces organisations s’inquiètent «de toute image négative du Sénégal diffusée aux niveaux régional et international», et lancent «un vibrant appel pour la préservation de la paix sociale». Dans la même veine, ils «invitent les acteurs politiques à se parler et à privilégier l’intérêt général de notre pays». En outre, ils «encouragent tous ceux qui s’investissent pour la préservation de la paix sociale, l’union et la solidarité des citoyens». Et lancent cet appel : «Nous disons «Non»… Nous ne voulons pas que notre pays, le Sénégal, entre dans une crise politique, parlementaire, judiciaire, sociale et économique dont l’ampleur pourrait être sans précédent, avec des lendemains incertains.» Ces organisations du secteur privé n’ont pas manqué, dans leur déclaration, de présenter «leurs sincères condoléances à tous ceux qui ont perdu un parent, un ami ou un proche». Ce qui leur a permis de rappeler que «les entreprises sont très fortement éprouvées par tout évènement tragique et violent issu des tensions politiques». Ce constat fait, elles regrettent cette violence qui paralyse notre «économie par des actes de vandalisme, de destruction de biens privés et de coupure d’internet». Et pour que nul n’en ignore : «Nous avons déjà eu à alerter sur les conséquences désastreuses de tels actes.» D’après ces organisations d’employeurs, «l’agenda républicain est politique, social, mais aussi économique». Ainsi, pour elles, c’est un devoir de «veiller à la bonne santé des entreprises par une administration publique de proximité et à l’écoute des entreprises avant, pendant et après toute élection, ainsi que par le paiement de la dette intérieure».
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