Les députés sont appelés aujourd’hui à voter le projet de loi d’interprétation de de la loi d’amnistie. Une volonté des autorités qui tranche d’avec celle de la Société civile qui milite pour le retrait de ce projet de loi et l’abrogation de la loi d’amnistie. En conférence de presse hier, 20 organisations de la Société civile ont appelé tous les élus du Peuple à ne pas voter ce projet de loi proposé par le député du parti Pastef Amadou Ba. «Nous vous demandons de ne pas voter  cette loi», a déclaré hier, Aliou  Sané, le coordonnateur de «Y’en a marre». Abondant dans le même sens, Thiat, membre de «Y’en a marre», met les députés devant leurs responsabilités. «Toi, député, si tu votes cette loi qui est injuste pour le Sénégal, le Sénégal retiendra que tu as voté une loi qui va à l’encontre des intérêts du Peuple», a-t-il déclaré. A l’en croire, même le Forum civil est d’accord avec eux pour le retrait de cette loi.

Cependant, ces organisations de la Société civile se sont mobilisés «pour réitérer leur appel à des concertations inclusives avant le vote de la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie tendant à lutter contre l’impunité, à encourager l’indemnisation des victimes et à favoriser la réparation des préjudices dans le respect des droits des citoyens».   Ces organisations de la Société civile pensent qu’il est «impératif que toutes les parties prenantes se réunissent pour discuter de cette proposition de loi cruciale». Car elles trouvent que «la loi d’amnistie ne devrait pas être interprétée de manière à favoriser une justice non équitable». Elles sont pour «la recherche de la vérité, la lutte contre l’impunité, l’indemnisation des victimes, l’adoption de réformes…», font-elles savoir dans leur texte. Et c’est dans ce sens que ces organisations ont invité «les parlementaires, le gouvernement et toutes les parties concernées à engager un dialogue inclusif sur cette question».  En tout cas, de l’avis de Thiat, ce problème ne devrait pas se poser si la parole donnée était respectée. D’après lui, l’abrogation de la loi d’amnistie était une promesse électorale. Mieux, le chef de l’Etat en question en a manifesté la même volonté lors de son discours à la Nation du 31 décembre dernier. Mais aujourd’hui, après la proposition de la loi interprétative du député Amadou Bâ, il dit qu’il n’a aucune observation à faire. Pour l’activiste, «ce régime fait dans la duperie».

«Tout le monde pouvait ne pas tenir sa parole à l’exception de ce régime, parce qu’il est passé par des péripéties avant d’accéder au pouvoir», a-t-il rappelé. Avant d’inviter les députés à être du côté du Peuple, plutôt que du côté de leur parti politique.  «Nous mettons tous les députés de la République face à leurs responsabilités. Aussi bien les députés de la majorité que ceux de l’opposition. Ils doivent combattre cette loi. Ils doivent savoir qu’une fois à l’Assemblée, ils ne sont plus des députés d’un parti politique, mais des députés du Sénégal», a-t-il précisé.
Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn