Au-delà de la Cedeao et de l’Union africaine, le Front démocratique et social de résistance nationale va saisir le Conseil constitutionnel aujourd’hui. Même si Idrissa Seck, lui, avait déclaré que la justice et le Parlement ne sont plus dignes de sa confiance.

«Les institutions judiciaires et le Parlement ne sont plus dignes de ma confiance», avait déclaré Idrissa Seck lors de sa conférence de presse. Il avait alors annoncé des recours devant la Cedeao. Et le Front démocratique et social de résistance nationale (Frn) y avait ajouté l’Union africaine. Mais hier, cette plateforme de l’opposition, regroupant des partis de l’opposition, des membres de la société civile et des organisations syndicales, a pourtant envisagé, au-delà de la Cedeao et de l’Union africaine, des recours devant le Conseil constitutionnel et la Cour suprême. Le groupe parlementaire de l’opposition et les non-inscrits seront devant le conseil constitutionnel cet après- midi.
Le Front invite tous les leadeurs et forces démocratiques et sociales à accompagner la délégation des députés qui doit déposer le recours devant les «7 Sages». «D’ores et déjà, nous le disons haut et fort aux membres du Conseil constitutionnel, individuellement et collectivement : il n’est plus question que, d’un côté, ils acceptent de se substituer au législateur comme ils l’ont fait lors des Législatives de juillet 2017 à la demande de Macky Sall, et que, d’un autre côté, ils se déclarent systématiquement incompétents devant les saisines de l’opposition», avertit-on. La plateforme a également prévu un plan d’actions avec des «journées hebdomadaires de résistance nationale, actions d’information et de sensibilisation de masse, marches, tournées, meetings et grands rassemblements citoyens sur le terrain dans toutes les localités et à travers la diaspora». Cela, pour dire non au «tripatouillage constitutionnel» et à l’année blanche. Le Frn de rappeler à Macky Sall : «Un deuxième mandat, ça se mérite, ça ne se tripatouille pas. Le temps de l’unité et de la lutte pied à pied est arrivé.» Les camarades de Mama­dou Diop Decroix ont souligné par ailleurs les 12 points de leur front pour des élections «régulières et transparentes». Il s’agit, entre autres, de l’audit fiable du processus électoral, de ne pas laisser l’organisation des élections entre les mains de Aly Ngouille Ndiaye, du prolongement des inscriptions sur les listes, de l’institution du bulletin unique.
Le Frn salue le «réel succès» de la journée du 19 avril marquant le vote du parrainage. «Malgré les interdictions et l’armada de la machine de répression du pouvoir en place, les dirigeants, militants, citoyens, etc. ont osé lutter partout dans le pays et dans la diaspora», se félicite Mamadou Lamine Dianté, porte-parole du jour. Poursuivant son propos, le syndicaliste informe que la lutte ne fait que commencer.
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