L’Institut panafricain de stratégies (Ips) a lancé un appel urgent pour le retrait du Tchad de la liste des pays dont les citoyens sont interdits d’entrée aux Etats-Unis.

La présence du Tchad parmi les pays dont les citoyens sont interdits de voyager aux Usa a surpris la communauté internationale. Les cadres, intellectuels et chercheurs africains de l’Institut panafricain de stratégies (Ips) ont lancé à ce titre un appel pour son retrait du «Travel ban». En effet, le Tchad est au premier plan de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique subsaharienne et dans le bassin du lac Tchad. L’institut s’interroge sur l’avenir du combat des Usa, partenaires de l’Afrique dans la lutte contre Boko haram, Aqmi et Daesh. «Ne risque-t-on pas d’assister à un affaissement sans précédent du difficile combat de l’Afrique contre ses puissants adversaires du terrorisme mondial», se demandent les cadres de l’Institut panafricain de stratégie (Ips). L’engagement du Tchad sur plusieurs terrains d’opération a un coût sur le plan humain (avec la mort de plusieurs dizaines de soldats et des centaines de blessés) et sur le plan financier (plus de 150 milliard de francs Cfa investis dans la lutte). Sans oublier les attentats sur son territoire. Cela explique sans doute la surprise des spécialistes américains de l’Afrique qui considèrent que «le Tchad est un partenaire majeur et respecté de la lutte anti-terroriste». L’Institut panafricain de stratégies invite «ses partenaires, par-delà le G5 Sahel, la Cedeao et même l’Ua», à se prononcer sur les «graves» conséquences qui peuvent découler de ce «Travel ban» et demande son annulation. Et suggère aux «Usa de reconsidérer leur décision» afin de garantir la sécurité internationale et celle de l’Afrique en passe de devenir l’épicentre du terrorisme mondial. «Nous avons tous, plus que jamais, besoin du Tchad», déclare l’Ips, dirigé par Cheikh Tidiane Gadio.
Stagiaire